Internet fête son cinquantième anniversaire

Le 29 octobre 1969, le professeur Leonard Kleinrock et ses collègues de l’UCLA (Université de Californie à Los Angeles) ont fait « parler » un ordinateur avec une autre machine, située dans une région qui allait devenir la Silicon Valley (sud de San Francisco).

A l’origine, le projet s’appelait « Arpanet », du nom de la branche de recherche de l’armée américaine qui le finançait, la « Defense Advanced Research Projects Agency », fondée en 1958.

Les ingénieurs avaient trouvé le moyen de transmettre des données par les ordinateurs en les cassant en plusieurs « paquets numériques ».

« LOG »

Le 29 octobre 1969, un étudiant de UCLA commence à taper le mot « LOG » (« connexion »), pour établir le lien avec l’ordinateur à distance. La lettre « L » passe, mais la machine plante juste après la lettre « O ».

« Du coup le premier message transmis a été ‘LO’, comme dans ‘Lo and behold’ (une expression qui signifie ‘Et voilà que…’)« , relate Leonard Kleinrock. « Nous n’aurions pas pu mieux rêver comme premier message succinct« .

L’Arpanet était né. La création d’internet, elle, reste le sujet de débats brûlants, car c’est le résultat de plusieurs étapes, comme les protocoles d’acheminement des données ou la création du « World Wide Web » avec le système de pages en ligne.

« Je n’avais pas du tout vu venir l’aspect ‘réseaux sociaux' »

Mais l’enthousiasme des débuts a été entamé par les conséquences néfastes et inattendues de cette innovation – l’ancêtre d’internet. « Je n’avais pas du tout vu venir l’aspect ‘réseaux sociaux’. Je pensais faire communiquer les gens avec les ordinateurs, ou les ordinateurs entre eux, mais pas les gens entre eux« , raconte M. Kleinrock, qui aura 85 ans en juin.

Quelque 4 milliards de personnes dans le monde utilisent désormais le réseau, qui, croyait-on, allait apporter l’égalité et la connaissance à la majorité. « En tant qu’ingénieurs nous ne pensions pas aux comportements malveillants », concède encore le professeur.