High-tech

Intelligence artificielle : adopter une IA pour sa sexualité n’est plus un tabou.

Un sondage réalisé par la firme turque Joi IA a révélé que 55% des utilisateurs d’IA se déclarent « IA sexuels ». De plus, selon un sondage Ifop pour Libération, un Français sur cinq âgé de moins de 35 ans aurait déjà eu des relations érotiques avec une IA.


C’est un sondage qui soulève une question cruciale : « Sommes-nous AI-sexuels ? » En toile de fond, il y a la manière dont certaines personnes utilisent déjà l’intelligence artificielle à des fins intimes ou envisagent de le faire. Les résultats de cette enquête, qui nécessiteront probablement des ajustements, nous plongent directement dans l’atmosphère du film *her*, réalisé en 2013 par Spike Jonze.

Il y a treize ans, un homme tombait amoureux d’un avatar hébergé dans son ordinateur. Aujourd’hui, cette fiction semble prendre corps.

En couple avec un avatar

Quiconque a déjà échangé avec une IA générative a peut-être osé pousser son *chatbot* favori dans ses derniers retranchements en engageant une discussion… intime. Allez, avouez !

La société turque Joi IA, qui développe une application de compagnie virtuelle basée sur l’intelligence artificielle, a mené un sondage auprès d’adultes de la génération Z et des milléniaux sur les relations intimes qu’ils entretiennent avec ces avatars qui s’invitent de plus en plus dans notre quotidien.

Les résultats montrent qu’une fois franchi le stade de la simple curiosité, l’IA offre d’autres avantages, parmi lesquels la confiance.

Répéter un scénario de drague

Ainsi, l’IA rassure : 60 % des personnes interrogées affirment qu’il est plus facile d’exprimer leurs désirs à une intelligence artificielle qu’à un être humain, tandis que 37 % l’utilisent pour répétition d’un scénario de drague avant de passer à l’action. En conséquence, cet usage permettrait à 64 % des sondés d’améliorer leur sentiment de *sexiness*, c’est-à-dire leur propre attractivité sexuelle.

Ces interactions virtuelles pourraient ainsi avoir des effets bénéfiques, réduisant la honte et permettant une expérimentation « en sécurité » avant de « négocier » avec un partenaire.

Explorer de nouveaux fantasmes

En creusant davantage leurs échanges avec leur *chatbot*, 31 % des sondés (soit plus d’une personne sur quatre) révèlent que l’IA leur permet d’explorer de nouveaux fantasmes. Est-ce la raison pour laquelle 61 % admettent que, grâce à l’IA, leur vie sexuelle hors ligne s’est améliorée ? La réponse reste incertaine.

Quoi qu’il en soit, 28 % des 2 500 personnes interrogées déclarent être prêtes à entretenir une relation avec une IA, comme dans le film *her*, et ce taux grimpe à 49 % lorsqu’il s’agit d’imaginer une relation sexuelle avec une IA incarnée. La *sextech* semble avoir un bel avenir devant elle.

Des risques à ne pas négliger

À ce jour, 2026, 55 % des utilisateurs d’IA interrogés par Joi AI se qualifient ouvertement d’« IA sexuels ». Malgré leur éloquence, les résultats de ce sondage doivent être pris avec prudence. Les répondants sont familiers avec l’utilisation de *chatbots* IA et ne sont pas nécessairement « représentatifs de la population », comme l’exige la méthodologie d’un sondage rigoureux.

Des voix s’élèvent déjà pour alerter sur les risques d’isolement et de repli sur soi que ces nouvelles pratiques pourraient entraîner. En outre, les réponses minutieusement adaptées de l’IA, qui apprend des utilisateurs (comme avec les avatars façonnés selon nos désirs par Joi IA), peuvent aussi engendrer des attentes irréalistes, avec des répercussions potentielles néfastes, voire catastrophiques, dans la réalité.

Selon un sondage récent mené par l’Ifop pour Libération, un Français sur cinq âgé de moins de 35 ans aurait déjà eu des relations érotiques avec une IA. De plus, 6 % des Français de tous âges auraient déjà eu une relation romantique avec une IA, tandis que 8 % auraient déjà engagé des conversations érotiques avec leur *chatbot*.

*menée en février 2026 auprès de 2 500 personnes*