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Images dénudées de l’IA Grok : la Haute-commissaire à l’Enfance saisit la commissaire européenne

La Haute-commissaire à l’Enfance française, Sarah El Haïry, a saisi la commissaire européenne à la souveraineté numérique concernant la fonctionnalité de Grok permettant de générer de fausses images de personnes dénudées, indiquant qu’elle tombe sous le coup de réglementations européennes. Le réseau social X a désactivé sa fonctionnalité de création d’images pour les utilisateurs non payants le vendredi 9 janvier 2026, une décision jugée « insuffisante et hypocrite » par la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff.


Elle passe à l’action : la Haute-commissaire à l’Enfance française, Sarah El Haïry, a alerté la commissaire européenne à la souveraineté numérique sur la fonctionnalité de Grok qui permet de générer de fausses images de personnes nues, ce qui contrevient aux réglementations européennes, a-t-elle déclaré au Parisien.

« J’ai saisi la justice française, a-t-elle affirmé, ainsi que l’Arcom (le régulateur de l’audiovisuel) et la plateforme de signalement des contenus illégaux sur Internet, Pharos, parce qu’il y a des contenus à faire retirer immédiatement. »

Une fonctionnalité qui ne respecte pas les lois

« En particulier, j’ai saisi la commissaire européenne à la souveraineté numérique car cela tombe sous le coup du règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act) et du règlement sur les marchés numériques (DMA), que ce soit dans le cas de Crans Montana ou concernant la dénudation d’enfants et la création d’images pédocriminelles », a-t-elle précisé dans une interview publiée mardi 13 janvier 2026.

Elle a insisté auprès du quotidien : « Ça tombe sous le coup de la loi ! On a l’impression que c’est tellement puissant qu’on ne peut pas l’interdire, mais c’est faux. Une IA qui déshabille des enfants n’a rien d’un jeu ! C’est hors la loi. »

Une vague d’indignation

Un mouvement d’indignation internationale se développe autour de l’assistant IA du réseau social X, qui permet de dénuder des personnes réelles à partir de photos ou vidéos. L’Indonésie et la Malaisie ont suspendu l’accès à Grok ce week-end, et Londres a durci son discours, lundi 12 janvier, en ouvrant une enquête sur les images à caractère sexuel issues de Grok.

Sous la pression, Grok a désactivé sa fonctionnalité de création d’images pour les utilisateurs non payants vendredi 9 janvier. « Un premier pas » pour Roland Lescure, ministre français chargé de la souveraineté numérique, mais une décision jugée « insuffisante et hypocrite » par la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff. « Ça ne doit être possible pour personne, en payant ou non », a lancé la Haute-commissaire à l’Enfance dans Le Parisien.

L’ire de Trump

La régulation des géants de la tech suscite, depuis quelques mois, des tensions croissantes entre le président américain Donald Trump et l’Europe – en particulier avec l’Union européenne, accusée de « brimer » le développement des entreprises américaines.

Bruxelles, qui a annoncé jeudi 8 janvier 2026 avoir imposé à X une mesure conservatoire à la suite du scandale Grok, avait infligé début décembre 2025 une amende de 120 millions d’euros au réseau, malgré les menaces répétées du président américain.