Guerre en Ukraine: Meta a démantelé une opération de propagande russe peu efficace

« On aurait dit un retour en arrière », a raconté un des responsables de la sécurité du groupe californien, Ben Nimmo, à l’AFP. « Mais ils n’ont pas été très bons et rien ne montre qu’ils aient obtenu l’impact et la viralité d’avant ».

Meta a démantelé un réseau de faux comptes sur ses plateformes, créé par une entité baptisée « Cyber Front Z » et des personnes associées dans le passé à la « Internet Research Agency » (IRA), soupçonnée d’être un bras numérique du Kremlin.

Ces faux comptes, gérés par des employés d’une « ferme à trolls » située à Saint-Pétersbourg, publiaient des commentaires en faveur de la Russie sous des contenus de personnalités et de médias, pour « donner l’impression d’un soutien populaire à l’invasion de l’Ukraine ».

« La Russie envoie des tonnes d’aide humanitaire en Ukraine, où les nazis locaux (…) retiennent les citoyens otages », a ainsi commenté l’un de ces comptes sous une vidéo postée par Angelina Jolie sur la guerre, sur Instagram, d’après le rapport de Meta.

En tout, le géant des réseaux sociaux a retiré début avril plus de 1.000 comptes sur Instagram et 45 sur Facebook. Quelques 49.000 comptes suivaient un ou plusieurs des faux profils sur Instagram.

En 2016, la campagne présidentielle américaine a été marquée par des opérations massives d’influence menées par l’IRA en faveur de Donald Trump.

Mais contrairement à d’autres campagnes passées, Cyber Front Z n’a pas vraiment essayé de se cacher, au contraire.

« Il n’y avait pas d’iceberg caché en-dessous », a constaté M. Nimmo. « C’était une tentative de pirater la perception (du public), en jouant sur nos peurs, en jouant sur l’impression que ces opérations sont efficaces ».

« Ils avaient cette chaîne bizarre sur Twitter qui disait +nous avons piraté vos élections, nous avons renversé les Américains, votre démocratie est dans notre poche+ », a relaté le responsable.

Un média russe, Fontanka, a révélé en mars qu’une « ferme à trolls » recrutait, entre autres, des « spammeurs » et « commentateurs » pour publier des messages sur des plateformes comme YouTube et TikTok, et d’autres en Russie.

Sur la messagerie Telegram, une chaîne publique appelait ses abonnés à inonder certains comptes de personnalités publiques ou de sites d’informations avec des commentaires pro-russes.

Mais l’opération « a été largement maladroite et ineffective », note le rapport. « Sur Instagram, plus de la moitié des faux comptes ont été détectés et désactivés par nos systèmes automatiques juste après leur création ».