Google annonce la fin du shopping en ligne traditionnel avec l’Universal Commerce Protocol.
Google a lancé l’Universal Commerce Protocol (UCP) ce week-end à la NRF, visant à intégrer des boutons d’achat directement dans Gemini et la Recherche. Le standard UCP est un « standard open source » qui permet à un agent IA de discuter directement avec le système informatique d’un magasin sans passer par la page web.

Google pourrait bien avoir signé la fin du e-commerce tel qu’on le connaît. Son arme ? L’Universal Commerce Protocol (UCP).

Derrière cette terminologie technique se cache une volonté : permettre à Gemini de réaliser vos achats à votre place, sans que vous n’ayez à visiter le site du marchand. Et ce qui est inquiétant, c’est que cela pourrait fonctionner.
Google en a assez de vous rediriger vers d’autres sites. Jusqu’à présent, lorsque vous recherchiez « climatiseur sans groupe extérieur » ou « écouteurs sans fil compatibles Siri », Google agissait comme un panneau indicateur. Il vous guidait vers Carrefour, Amazon ou Fnac.
C’est terminé. Avec le lancement de l’Universal Commerce Protocol (UCP) ce week-end à la NRF, Google souhaite devenir le magasin. Le concept ? Vous posez une question, l’IA trouve, vous payez via Google, sans jamais accéder au site du marchand. C’est techniquement fascinant, mais cela représente un bouleversement pour le web.
UCP : qu’est-ce que cela signifie ?
Pour comprendre les enjeux, il faut saisir le fonctionnement sous-jacent. Actuellement, chaque site de commerce en ligne utilise son propre système. L’architecture de Carrefour diffère de celle de Walmart, qui elle-même n’est pas celle d’un petit commerçant sur Shopify. Pour une IA, c’est un véritable casse-tête à naviguer.

L’UCP est un « standard open source ». Considérez-le comme un espéranto du commerce. C’est une langue commune qui permet à un agent IA (comme Gemini) de communiquer directement avec le système informatique d’un magasin. L’agent ne « consulte » pas la page web. Il interroge la base de données via l’UCP pour déterminer :
- Si le produit est en stock.
- Quel est son prix exact pour vous (en tenant compte de votre carte de fidélité).
- Quand il peut être livré.
Le résultat ? Un bouton « Acheter » qui apparaît directement dans la conversation avec l’IA.

Pourquoi Carrefour et Shopify acceptent-ils cette évolution ?
Sur le papier, cela semble risqué pour les marques : elles perdent le trafic sur leur propre site. Pourquoi donc Carrefour, Shopify ou Walmart choisissent-ils de collaborer avec Google ?
Parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Le « commerce agentique » (des robots qui achètent en notre nom) représente la prochaine grande évolution. Si vous n’êtes pas compatible avec l’UCP, l’IA de Google ne vous détectera pas. Vous serez invisible.
Carrefour l’a bien compris et donne un exemple concret : « Un utilisateur demande à l’IA ‘Où trouver des pellets ?’, l’IA propose le produit Carrefour, et le client achète instantanément sans changer d’application ». Pour le commerçant, cela représente une conversion directe, sans friction. Pour Google, cela assure que vous restiez dans son écosystème.
Le site web devient une simple API
C’est là que le vertige s’installe. Pendant 25 ans, le e-commerce a consisté à soigner sa vitrine. On optimisait l’expérience utilisateur, les images, les couleurs des boutons.

Avec l’UCP, tout cela devient secondaire. L’IA ne se soucie plus de votre mise en page attrayante. Elle a besoin de données structurées. Les e-commerçants vont devoir évoluer. Ils ne seront plus des concepteurs de boutiques en ligne, mais des gestionnaires de flux de données pour alimenter les IA de Google, OpenAI ou Amazon.
La véritable lutte : Google contre OpenAI
Ne vous y trompez pas. Si Google lance cela maintenant, en open source, c’est par crainte. OpenAI a déjà son propre projet (ACP) et des partenariats en cours. Amazon maîtrise déjà l’ensemble de son parcours client.
Google engage sa survie. Si demain vous demandez à ChatGPT d’acheter des chaussures et qu’il le fait de manière plus efficace que Google Search, le modèle économique de Mountain View (la publicité) s’effondre. L’UCP représente une tentative de contrôler le marché en imposant SA norme technique à l’ensemble de l’industrie.
