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Fin du silicium pour les panneaux solaires ? Une centrale pérovskites en Chine pourrait changer la donne.

Une centrale solaire d’un mégawatt, située à Lianyungang dans la province chinoise du Jiangsu, est entièrement composée de panneaux pérovskites et a été déployée au sein d’un site pétrochimique. Le rendement de cette centrale est estimé à environ 20 %, tandis que la durabilité des modules est considérée comme la principale source d’inquiétude pour les industriels et les investisseurs.


Une installation solaire d’un mégawatt est insignifiante comparée aux vastes champs photovoltaïques observés en Chine. Cependant, cette centrale devient rapidement intéressante, car elle est composée de modules pérovskites, une technologie que l’on pensait encore à un stade expérimental.

Dans le domaine de l’énergie solaire, la pérovskite est souvent vue comme la technologie photovoltaïque de demain. Son coût de production potentiellement réduit et ses rendements prometteurs en font une alternative sérieuse au silicium.

Néanmoins, avant de contempler un déploiement industriel des panneaux photovoltaïques, le secteur doit surmonter plusieurs défis techniques. Les recherches continuent activement pour accroître la fiabilité de ces cellules, et les expérimentations passent à une nouvelle vitesse.

La technologie pérovskite commence à sortir des laboratoires pour être mise à l’épreuve dans des conditions réelles. À Lianyungang, dans le nord-est de la province du Jiangsu en Chine, une centrale solaire d’un mégawatt vient d’être mise en service. Appartenant à Jiangsu Fangyang New Energy Investment, cette installation utilise intégralement des panneaux pérovskites et a été implantée dans un site pétrochimique, où elle fournira directement de l’électricité.

Ce projet sert principalement à tester le comportement de cette technologie sur le terrain. Bien que les cellules pérovskites montrent des performances prometteuses en laboratoire, leur résistance à long terme dans un environnement extérieur demeure largement inconnue.

Sur ce site, les panneaux sont soumis à un environnement exigeant : forte humidité, poussière et embruns salins. L’humidité est en effet l’une des faiblesses majeures des cellules pérovskites.

L’opérateur analysera donc la manière dont les modules résistent à ces contraintes climatiques au fil du temps. Les équipes suivront les performances électriques, l’impact de l’humidité, la dégradation possible des matériaux et l’encrassement des panneaux. Un système de surveillance avancé a été installé pour assurer un suivi continu de la production et de l’état des équipements.

Ce projet profitera non seulement à l’exploitant, mais également à l’ensemble de l’industrie photovoltaïque. Les données recueillies seront accessibles à divers acteurs du secteur, tels que les fabricants de modules, les instituts de recherche et les organisations industrielles. Ces informations sont particulièrement attendues, car le secteur manque encore de données techniques fiables sur les cellules pérovskites en conditions d’exploitation réelles. Les retours d’expérience pourraient accélérer la commercialisation de cette technologie et faciliter son intégration dans des projets photovoltaïques à grande échelle.

En termes de performances, le rendement de la centrale est estimé à environ 20 %. Ce chiffre est éloigné des rendements de 27 à 28 % souvent observés lors des tests de cellules de petite taille. Cependant, comme le souligne le média *PV Magazine*, pour cette expérience, la priorité n’est pas le rendement. L’enjeu principal reste la durabilité des modules, qui demeure la principale source d’inquiétude pour les industriels et les investisseurs.