Eureka FloorShine 880 : puissance et chaleur, bruit excessif constaté
Eureka a lancé le FloorShine 880, un balai laveur affichant une puissance de 24 000 Pa et une autonomie annoncée allant jusqu’à 60 minutes. Le prix de lancement du FloorShine 880 est fixé à 579 euros, mais il est souvent proposé entre 450 et 480 euros.
Le marché des balais laveurs s’apparente à une véritable jungle où Tineco, Dreame et Roborock s’affrontent avec des innovations technologiques. Dans cette compétition, Eureka, une marque centenaire mais nouvel acteur sur ce segment, fait son entrée avec le FloorShine 880. Sa promesse ? Un nettoyage à l’eau (très) chaude et une simplicité déconcertante pour ceux qui détestent utiliser la serpillière.
Fiche technique
| Caractéristiques | Eureka FloorShine 880 |
| Puissance | 24 000 Pa / 300 W |
| Batterie | 4000 mAh (x6) |
| Autonomie annoncée | Jusqu’à 60 min |
| Réservoirs | 750ml (Propre) / 700ml (Sale) |
| Poids | 5,2 kg |
| Autonettoyage | Eau chaude 100°C + Séchage air chaud |
| Fonctions clés | Mode plat 180°, dosage auto détergent |
Dans la fiche technique, certaines données sont frappantes. Avec 24 000 Pa, ce balai laveur affiche une puissance remarquable (souvent limitée à 10-15 000). Cependant, c’est le chaudière “100°C” pour l’autonettoyage qui interpelle. En revanche, le poids de 5,2 kg pourrait difficilement convenir aux utilisateurs avec des bras sensibles ; il reste à déterminer si la motorisation compense cette masse.
L’appareil testé nous a été fourni par Eureka.
Design, installation et accessoires
Dès le déballage, une première déception : l’absence d’accessoires. Pas de rouleau de rechange, ni de filtre HEPA supplémentaire. Eureka nous propose le strict minimum : le balai, la base, un goupillon et un bidon de détergent. Au regard du prix, cela paraît léger. On sent qu’ils ont concentré leurs efforts sur la machine et peu sur les « à-côtés ».

Esthétiquement, le FloorShine 880 est agréable. On s’éloigne du plastique blanc clinique de certains concurrents. Le design mélange noir, gris et touches violettes avec une finition « carbone » à l’avant. C’est élégant et bien fini. L’assemblage est robuste, rien ne craque lorsqu’on l’utilise.

La prise en main se révèle étonnante. Avec ses 5,2 kg, il semble lourd sur la balance. Toutefois, une fois en marche, ce poids semble disparaitre. Pourquoi ? Grâce à des roues motorisées qui assistent le mouvement. C’est comme avoir une direction assistée : il suffit de pousser légèrement pour avancer ou tirer pour reculer sans effort. En matière de rotation, c’est très simple. C’est impressionnant et cela épargne vos muscles lors d’une session de 30 minutes.
Un aspect impressionnant est sa flexibilité. Ce balai se plie entièrement à l’horizontale (180°) pour nettoyer sous les meubles, là où de nombreux concurrents atteignent difficilement cet angle ou nécessitent de forcer sur le poignet. L’appareil glisse aisément.

Pour éviter de rayer votre parquet lorsqu’il est couché, Eureka a intégré deux petites roulettes en caoutchouc à l’arrière du manche et du corps. C’est un détail astucieux qui prévient les frottements du plastique dur sur le sol. Cela montre qu’ils ont réfléchi à ce détail.

En ce qui concerne les réservoirs… le réservoir d’eau propre se trouve en bas, sur la tête de brosse. Cela abaisse le centre de gravité (ce qui réduit la perception de poids dans le bras) et permet de générer une pression plus forte sur le sol. Le remplissage est simple sous un robinet standard.

À l’arrière se trouve le réservoir d’eau sale. Il inclut un petit module avec des billes désodorisantes. L’idée est intéressante : éviter que l’eau grise ne dégage une odeur désagréable si on oublie de la vider le soir même. Cela ne remplace pas un vidage régulier, mais cela limite les odeurs.

Une fonctionnalité que j’apprécie particulièrement : le réservoir de détergent intégré. Il suffit de verser le produit dans un petit compartiment, et la machine s’occupe de doser automatiquement en fonction du niveau de saleté. Fini le temps du dosage à l’aveuglette en renversant le produit. Eureka annonce 45 jours d’autonomie en détergent.

La brosse est désignée « bord-à-bord ». Effectivement, sur les côtés, elle touche impeccablement les murs. À l’avant, une lumière LED éclaire le sol pour repérer la poussière. Bien qu’elle ne soit pas aussi performante que les lasers verts de Dyson, elle s’avère efficace dans les coins sombres ou sous les meubles.
Enfin, la station de charge est assez volumineuse et comprend un système de chauffage pour l’eau. Néanmoins, un point négatif à signaler : aucun système pour enrouler le câble électrique. Le fil traîne derrière le meuble, ce qui peut être inesthétique.
Performances
En terme de nettoyage, ça fonctionne effectivement très bien. Avec ses 24 000 Pa, le FloorShine 880 se débrouille avec tout. J’ai testé divers types de salissures, qu’elles soient sèches ou humides. Deux passages suffisent pour tout effacer. La puissance est indiscutable.

Le mode Auto ajuste plutôt bien la puissance. L’écran est entouré d’un anneau LED qui change de couleur : violet quand c’est propre, orange quand il y a de la saleté, et rouge clignotant en cas d’urgence (comme pour une coquille d’œuf). La réponse du moteur est instantanée, il accélère dès qu’il détecte la saleté.

Le nettoyage des bords est remarquable sur les côtés. Elle colle au mur à 0 mm. En revanche, attention à l’avant du balai. Il y a une zone morte d’environ 5 mm. Si on engage directement contre une plinthe, une petite bande de saleté pourra subsister. Il est préférable de longer le mur plutôt que de le viser frontalement.
J’ai constaté un inconvénient : les éclaboussures. Si le rouleau est trop imbibé et que l’on effectue des mouvements rapides vers l’avant ou sur un sol déjà très humide, il peut projeter quelques gouttelettes sales. Cela est imputable à la force centrifuge et peut-être à une raclette d’essorage pas assez rigide. C’est léger, mais visible sur du carrelage.

Concernant le séchage du sol, c’est très impressionnant. Le balai laisse une légère couche d’eau qui sèche en moins de 3 minutes. En cas de renversement d’un verre d’eau, le mode « Quick » (qui interrompt l’arrivée d’eau pour ne faire que d’aspirer) est particulièrement efficace. C’est une véritable raclette électrique.
Pour la maniabilité sur un sol mouillé, il est à noter que les roues motorisées peuvent parfois glisser légèrement sur des carrelages très lisses. On ressent ainsi un léger effet de « drift ». Ce n’est pas gênant, voire amusant, mais cela peut surprendre lors des premières utilisations.

Niveau sonore, il convient de mentionner qu’il s’agit d’un aspirateur. Le bruit se situe entre 70 et 78 dB. Ce n’est pas silencieux, mais le son est grave, sans strident.
Concernant l’autonomie, Eureka annonce 60 minutes. En réalité, en mode Auto avec des variations de puissance, j’ai pu l’utiliser pendant 45 minutes. C’est largement suffisant pour nettoyer un appartement de 100 m² sans stress. Toutefois, le temps de charge est relativement long, entre 4 et 5 heures.
En ce qui concerne l’autonettoyage, une fois placé sur la base, l’appareil chauffe l’eau à 100°C. Ce qui permet de déloger les résidus de graisse du rouleau et de tuer les bactéries. C’est beaucoup plus efficace que l’utilisation d’eau froide ou tiède chez d’autres marques.

Le séchage du rouleau offre deux options : Rapide (5 min, bruyant) ou Doux (20 min, silencieux). Personnellement, j’ai testé le mode rapide : en 5 minutes, le rouleau est chaud et totalement sec. Aucune trace d’humidité résiduelle. C’est validé.
Application
Pour l’application, les choses sont simples : il n’y a pas d’application mobile. Et pour être honnête, c’est une bonne chose. Il n’est pas nécessaire de connecter son balai au Wi-Fi pour nettoyer le sol. Tout se gère directement via l’écran et les boutons. C’est du « Plug & Play », sans tracas liés aux mises à jour logicielles qui peuvent mal fonctionner.
Cependant, un point négatif pour nous, francophones : la synthèse vocale est uniquement en anglais. Le balai émet des annonces telles que « Clean water tank empty » et « Self cleaning started ». Impossible de changer la langue en français. C’est frustrant pour un produit vendu en France. Heureusement, un bouton physique à l’arrière permet de couper le son et de rendre l’appareil silencieux. Je l’ai utilisé au bout de 10 minutes.
Entretien
Le point faible se situe ici. Le réservoir d’eau sale constitue une « soupe » unique. Contrairement à certains modèles de Tineco qui disposent d’un bac pour séparer les déchets solides (cheveux, miettes) de l’eau sale, ici, tout est mélangé.


En vidant le réservoir, il n’est pas possible de tout verser dans l’évier sous peine de le boucher. Il faut soit tout jeter dans les toilettes (en risquant de les obstruer avec de gros débris), soit essayer de retirer les amas de cheveux à la main, ce qui est dégoûtant.

Le filtre est situé en haut du réservoir. Il demeure généralement sec, mais il est recommandé de le vérifier. La base de chargement accumule également un peu de saleté avec le temps (des résidus boueux se forment sous le rouleau après l’autonettoyage), nécessitant un nettoyage avec une éponge une fois par semaine.
Prix
Au lancement, le FloorShine 880 est proposé au prix de 579 euros, se positionnant face aux modèles « Pro » de la concurrence. Cela semble un peu excessif compte tenu de l’absence d’accessoires.
Cependant, il se trouve fréquemment (dès son lancement) aux alentours de 450-480 euros.
Alternatives
Pour ceux qui disposent d’un budget plus conséquent et souhaitent un modèle phare, le Tineco Floor One S9 Artist est une option de choix. Bien qu’il soit plus cher, ses roues motorisées offrent une fluidité supérieure, son écran est exceptionnel et il sépare les déchets solides.
Il est également recommandé d’explorer le Dreame H15 Pro. Il est très performant et propose une interface en français.
Pour découvrir les meilleurs aspirateurs balais laveurs, rendez-vous à cette adresse.
Pour aller plus loin
Quels sont les meilleurs aspirateurs balais laveurs en 2026 ?

