Donald Trump réclame aux « crétins » de la Fed des taux à zéro

La Banque centrale américaine (Fed) et son patron Jerome Powell ont de nouveau été la cible des tweets rageurs de Donald Trump mercredi, qui les a traités de « crétins » parce qu’ils ne baissent pas les taux à zéro comme en Europe.

« La Réserve fédérale devrait ramener nos taux d’intérêt à ZERO, ou en dessous, et nous devrions alors commencer à refinancer notre dette« , a tonné le président américain dans un tweet matinal.

« Les Etats-Unis devraient toujours payer le taux le plus bas. Pas d’inflation! C’est la naïveté de Jay Powell et de la Réserve fédérale qui ne nous permet pas de faire ce que d’autres pays sont déjà en train de faire« , a-t-il encore lancé traitant en passant les responsables de la Fed de « crétins ».

C’est un cran au-dessus des insultes dont il a déjà abreuvé l’institution et ceux qui la dirigent, mais le président est en campagne pour sa réelection et les sondages commencent à montrer que les Américains s’inquiètent de l’état de l’économie.

Ces invectives interviennent la veille d’une réunion monétaire de la Banque centrale européenne jeudi, dont le taux de refinancement est à zéro depuis trois ans. Vu la morosité économique, la BCE envisage de faire plonger son taux de dépôt encore davantage en territoire négatif. Ces taux négatifs sont aussi en vigueur en Suisse, en Suède et au Japon notamment.

En zone euro, où l’Allemagne frôle la récession, la croissance ne devrait pas dépasser 1,2% cette année, selon les prévisions tandis que l’inflation se situe à 1,1% seulement.

Aux Etats-Unis en revanche, même si l’activité a marqué le pas notamment du côté du secteur manufacturier handicapé par la guerre commerciale, l’expansion reste encore solide à 2% en rythme annuel.

Le taux de chômage est proche de son plus bas niveau en 50 ans (3,7%) provoquant des problèmes de pénurie de main d’oeuvre qui théoriquement devraient faire remonter l’inflation.

Mais cette relation de cause à effet théorique entre un marché de l’emploi hyper-dynamique et la hausse des prix ne semble plus de mise et l’inflation américaine reste basse à 1,4%, loin de la cible de 2% que la Fed estime saine pour l’économie.

Dans ces conditions, la Banque centrale a abaissé fin juillet d’un quart de point de pourcentage les taux d’intérêt au jour le jour qui se situent maintenant entre 2% et 2,25%.

Les marchés prévoient que la Fed les abaisse encore lors de sa prochaine réunion monétaire le 18 septembre, mais sans doute d’un autre quart de point de pourcentage (0,25%) seulement, loin de l’ampleur réclamée par le président.

Ces derniers mois Donald Trump, qui a totalement rompu avec la tradition de respect d’indépendance de la Banque centrale, a tempêté à coup de tweets pour que les taux soit réduits d’un point entier de pourcentage, une exigence qu’il a donc encore augmentée mercredi en réclamant des taux nuls voire négatifs.

Le président, qui entre en campagne électorale pour obtenir sa réélection en novembre 2020, veut clairement que la Fed soutienne sa politique économique en réduisant le coût du crédit.

Non seulement des taux moins hauts favorisent les consommateurs qui sont aussi des électeurs, mais ils peuvent aussi faire baisser le dollar ce qui arrangerait bien l’administration Trump dans son bras de fer commercial avec la Chine. Un billet vert plus faible rendrait les produits américains plus compétitifs à l’exportation.