High-tech

Des serveurs cachés dans des éoliennes en mer pour refroidir les data centers.

L’entreprise Aïkido Technologies, basée à San Francisco, propose de déployer des centres de données en mer, directement au sein d’éoliennes offshore, avec un prototype de 100 kilowatts (kW) prévu pour cette année. En 2025, les infrastructures de centres de données devraient avoir absorbé près de 448 térawattheures (TWh) d’électricité à l’échelle mondiale.

Le rapprochement physique entre la production d’énergie et les centres de données n’est pas une idée récente. Cependant, cette entreprise va beaucoup plus loin en incorporant directement des serveurs informatiques au sein d’une centrale électrique en mer.
Aïkido Technologies

De nos jours, tous les environnements semblent adaptés à l’installation de centres de données, tant que l’électricité y est accessible et en quantité suffisante. L’innovation dans ce secteur ne cesse de nous étonner. Après des projets envisagés dans l’espace, une entreprise propose, cette fois-ci, de déployer des centres de données en mer, directement au sein d’éoliennes offshore.

Cette approche est développée par la société Aïkido Technologies, située à San Francisco, qui y voit plusieurs atouts stratégiques.

À la fois éolienne et centre de données

La configuration repose sur la base de l’éolienne. L’infrastructure est soutenue par trois flotteurs. Ancrés sur le fond marin, ces éléments garantissent la stabilité de la plateforme tout en intégrant les modules des centres de données.

Au sommet, une turbine d’une puissance de 15 à 18 mégawatts (MW) se trouve. Celle-ci alimente directement les équipements informatiques, dont la consommation varie entre 10 et 12 MW. Le système comprend également un dispositif de stockage d’énergie pour compenser l’intermittence de la production éolienne, tout en restant raccordé au réseau électrique comme solution de secours.

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Vue sur l’intérieur d’un flotteur. La partie inférieure est remplie d’eau, et celle supérieure contient les serveurs informatiques. // Source : Aïkido

Moins dépendre des réseaux électriques terrestres

La créativité des développeurs de centres de données est particulièrement motivée par l’augmentation constante de la consommation électrique de ces infrastructures. En 2025, ces systèmes ont consommé environ 448 térawattheures (TWh) d’électricité à l’échelle mondiale. À titre comparatif, la France a utilisé environ 547 TWh durant la même année.

La demande est destinée à croître rapidement, alors que les réseaux électriques ont du mal à s’adapter. Intégrer un centre de données directement dans une éolienne en mer permet, d’une part, de diminuer la dépendance aux réseaux terrestres, et d’autre part, de limiter les contraintes liées au transport d’électricité.

Cette approche permet également à l’entreprise de contourner certaines réticences locales qui ralentissent régulièrement les projets énergétiques ou numériques.

Immerger les installations pour les refroidir

Les serveurs informatiques sont placés dans la partie immergée des flotteurs. L’objectif est de profiter du refroidissement naturel offert par l’environnement marin. Concrètement, la chaleur produite par les équipements est transférée aux parois métalliques des compartiments.

Celle-ci est disséminée directement dans l’eau environnante, une pratique qui, selon l’opérateur, n’aura aucun impact négatif sur l’environnement marin.

Aïkido Technologies n’est pas la première à envisager cette solution d’immersion. En Chine, l’entreprise Hailanyun Technology a, par exemple, immergé des centres de données pour bénéficier de ce refroidissement naturel.

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Prototype à l’échelle 1:4 de la technologie.

Un projet encore au stade expérimental

Pour la société américaine, le concept devrait bientôt entrer dans une phase concrète. Un premier prototype de 100 kilowatts (kW) sera déployé en mer dès cette année. Par ailleurs, un projet commercial est aussi prévu au Royaume-Uni d’ici 2028, sur un site déjà identifié par l’entreprise.

À long terme, Aïkido vise à déployer ces unités à grande échelle, sous forme de véritables parcs capables de fournir une puissance de calcul allant de 30 mégawatts à plus d’un gigawatt.


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