Des nouilles au poivre rouge à la plus grande fortune mondiale, il n’y a qu’un pas… Retour sur l’étonnant parcours d’Elon Musk

Directeur général de Tesla, PDG de SpaceX, fondateur de Neuralink, The Boring Company, X.com devenu PayPal… A 49 ans, Elon Musk était beaucoup de choses, mais jusqu’au 8 janvier dernier, pas encore l’homme le plus riche du monde.

C’est désormais chose faite, depuis la flambée des actions de son entreprise de véhicules électriques haut-de-gamme Tesla, dont il détient 18 % des parts. La fortune d’Elon Musk a alors atteint les 188,5 milliards de dollars, dépassant de 1,5 milliard celle de Jeff Bezos, fondateur et numéro un d’Amazon qui détenait le titre d’homme le plus fortuné de la planète depuis 2017. Avant cela, le record est passé par le créateur de Microsoft Bill Gates, le PDG du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault, et le patron de Facebook Mark Zuckerberg, âgé de seulement 36 ans.

Il invente un jeu vidéo à 12 ans… et le vend !

Elon Reeve Musk naît en 1971 à Pretoria, en Afrique du Sud, d’un père ingénieur et d’une mère nutritionniste. Dès son plus jeune âge, il engloutit les connaissances au rythme de deux livres par jour, sur tous les sujets. A 12 ans, Elon invente son premier jeu vidéo baptisé Blastar : une pâle copie du célèbre Space Invaders, mais dont l’apprenti businessman vend le code source à un magazine pour 500 dollars.

A 17 ans, il obtient la nationalité canadienne par sa mère, et s’ouvre ainsi la voie à des études supérieures en Amérique. Elon est d’abord diplômé de l’Université Queen’s (Canada) en administration, puis en physique à l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis), où il découvre également l’économie. Opposé à son émigration, son père lui coupe les vivres.

L’étudiant se nourrit de nouilles au poivre rouge pour un budget ridicule, afin d’économiser pour son parcours universitaire. Heureusement en 1995, le jeune Musk reçoit une bourse pour se lancer dans un doctorat en science des matériaux et en physique énergétique à l’université Stanford. Toutefois, deux jours seulement après son admission, il vire de bord.

C’est ce qu’on appelle avoir du nez

Le Sud-Africain, qui flaire le potentiel de l’Internet naissant, crée avec son frère Kimbal sa toute première start-up. Zip2 propose une version encore inédite de « web-démarchage » pour les entreprises. Au bout de quatre ans, les frangins revendent la société dont ils possèdent alors 12 % pour 341 millions de dollars. C’est le début d’une folle escalade entrepreneuriale.

Avec l’argent récolté, Elon Musk fonde en mars 1999 la banque en ligne X.com. Au bout d’un an, la société acquiert un certain service de paiement en ligne nommé PayPal… Devant le succès immédiat et fulgurant de la plateforme, X.com devient PayPal, et abandonne son offre de banque en ligne. PayPal est vendu à eBay en octobre 2002 pour 1,5 milliard de dollars, et Musk ressort de l’opération avec plus de 175 millions.

Viser la Lune

L’ingénieur de formation ne passe pas par quatre chemins et réinvestit la totalité de ses gains dans trois sociétés qui vont faire décoller sa carrière. Il crée pour 100 millions d’euros l’entreprise de technologies spatiales SpaceX, précurseur historique dans le développement de lanceurs réutilisables et dans la collaboration du secteur privé avec les agences spatiales. Elon Musk en est toujours le PDG, et travaille à présent à la demande de la Nasa, en parallèle de Blue Origin (société de Jeff Bezos) ou Lockheed Martin, sur les engins qui enverront des astronautes sur la Lune en 2024 dans le cadre de la mission Artémis, puis sur Mars.

Le multientrepreneur injecte également plus de 50 millions d’euros dans le constructeur californien de voitures de luxe 100 % électriques et rechargeables : Tesla. Musk entre au capital en 2004 et dirige depuis 2008 l’entreprise qui lui a permis d’obtenir le titre d’homme le plus riche du monde ce début d’année. 

Obnubilé par les énergies renouvelables – c’est tout à son honneur – il crée Solar City en 2006. Aujourd’hui filiale de Tesla, la société est dédiée à la production et à l’installation de panneaux solaires en masse.

La folie des grandeurs

Mobilité électrique, énergies propres, conquête spatiale… L’avant-gardiste Elon Musk a visé juste en investissant dans des secteurs qui sont au cœur des préoccupations du moment. Alors visionnaire… ou fou à lier ? Dans sa biographie, le multimilliardaire expose avec le plus grand sérieux ses objectifs de vie : colonisation de l’espace, indépendance énergétique et interconnexion de l’intelligence humaine.

Pour cela, le businessman compte notamment sur sa start-up Neuralink créée en 2016. La jeune pousse a pour but de développer des composants électroniques pouvant être intégrés dans le cerveau, par exemple pour augmenter la mémoire, afin de globalement accroître les capacités intellectuelles humaines.

Une capsule Hyperloop pour se déplacer à plus de 1 200 km/h sous terre, de monstrueuses usines de production de batteries électriques utilisant l’énergie solaire, des tunnels accessibles depuis la surface grâce à des ascenseurs pour voitures conçus par The Boring Compagny pour désengorger le trafic routier… Tous ces projets surréalistes aux budgets pharaoniques sont bien issus de l’esprit du fantasque entrepreneur sud-africain. Au rythme de 18 heures de travail par jour, Musk se démène pour donner vie à ses idées.

Peut-être – sûrement d’ailleurs – ne verra-il jamais la colonisation de Mars ou le règne de l’ »Homme augmenté ». Mais Elon Musk a le mérite de suivre ses convictions, comme lorsqu’en mai 2020 il décide d’appeler son sixième garçon « X AE A-XII » (prononcer : « X Ash A Twelve », ndlr), en référence à “X” la variable inconnue, « Æ » pour AI (intelligence artificielle… en elfique) et A-12 en hommage à un avion. Impulsif et souvent controversé pour ses idées folles, Elon Musk est aujourd’hui l’homme le plus riche du monde. Il n’est donc pas à plaindre, et c’est bien là l’essentiel.