Des lunettes Meta avec IA auraient enregistré des scènes intimes.
Les eurodéputés ont interpellé la Commission européenne suite aux révélations des quotidiens suédois Svenska Dagbladet et Göteborgs-Posten concernant les lunettes Ray-Ban Meta, qui auraient enregistré des images intimes de personnes à leur insu. L’enquête a révélé que les clichés collectés auraient été transmis à un sous-traitant basé au Kenya pour être annotés et utilisés dans l’entraînement des systèmes d’intelligence artificielle du groupe.
Les eurodéputés réagissent après les révélations des journaux suédois Svenska Dagbladet et Göteborgs-Posten. Les lunettes Ray-Ban Meta auraient enregistré des images intimes de personnes à leur insu. Plusieurs élus ont donc interpellé la Commission européenne pour clarifier sa position, selon Euractiv.
L’enquête révèle que les images collectées auraient été transmises à un sous-traitant basé au Kenya pour être annotées et utilisées pour former les systèmes d’intelligence artificielle de l’entreprise. La société concernée, SAMA, est chargée d’examiner les images et d’y étiqueter différents éléments – objets, visages ou environnements – afin d’apprendre aux algorithmes à les reconnaître automatiquement, précise BFM Tech. Des employés du sous-traitant, interrogés par les journalistes suédois, ont affirmé avoir eu accès à des images de personnes dans des situations privées.
Cependant, ces fichiers devraient, en théorie, être anonymisés, en particulier par le floutage des visages, ce qui n’aurait pas été effectué. Ils permettraient ainsi d’identifier facilement les personnes concernées.
Ces révélations ont incité plusieurs eurodéputés à demander des explications à Bruxelles. Ils veulent notamment savoir quelles mesures concrètes pourraient être prises contre le géant américain. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) impose que les personnes concernées soient informées de la collecte de leurs données et qu’elles donnent leur consentement explicite.
La question du transfert de ces données vers des pays tiers complique encore la situation. Selon le RGPD, un État situé en dehors de l’Union européenne doit offrir un niveau de protection jugé « adéquat » par la Commission européenne, ou être soumis à des garanties contractuelles spécifiques concernant ces transferts. Or, le Kenya est toujours en pourparlers avec Bruxelles pour que sa législation sur la protection de la vie privée soit reconnue comme adéquate.
Interrogé par Euractiv, un représentant de Meta a déclaré que l’entreprise prenait la protection des données personnelles « très au sérieux » et améliorait « continuellement ses efforts et ses outils dans ce domaine ».

