Coronavirus: l’impact de la crise sur les banques belges n’est que partiellement atténué par les mesures gouvernementales

Les banques belges moins bien protégées face à l’impact du coronavirus que celles des autres pays de l’Union européenne ? C’est en tout cas ce qu’affirme la célèbre entreprise d’analyse économique Moody’s dans un rapport publié ce jeudi.

En substance, le société basée à new York explique que « le gouvernement belge prend des mesures pour soutenir les consommateurs et les entreprises dans le contexte de la crise du coronavirus, mais [que] ses garanties de prêts offrent moins de protection aux banques que les garanties d’autres pays européens ».

Fin mars, le gouvernement fédéral, la Banque nationale de Belgique et le secteur financier ont convenu d’une série de mesures pour maintenir l’octroi de crédit aux particuliers, aux indépendants et aux entreprises en pleine tempête du coronavirus.

Ces mesures reposent sur deux piliers: d’une part, des possibilités de report de paiement sans frais pour les entreprises non financières et indépendants viables ayant souscrit des emprunts et pour les particuliers pour leur prêt hypothécaire; et d’autre part, un régime de garantie de 50 milliards d’euros au total a été activé par l’État fédéral pour l’ensemble des nouveaux crédits et des nouvelles lignes de crédit d’une durée maximale de 12 mois que les banques octroient aux entreprises non financières et aux indépendants viables.

Ce régime prévoit une répartition entre le secteur financier et les pouvoirs publics des probables pertes sur crédits. Ainsi, la première tranche de 3% de pertes est entièrement supportée par le secteur financier; pour les pertes entre 3% et 5%, 50% des pertes sont supportées par le secteur financier et 50% par les pouvoirs publics. Enfin pour les pertes supérieures à 5%, 80% des pertes seront supportées par les pouvoirs publics et 20% par le secteur financier.

Ce régime « signifie que les banques feront face à toutes les pertes attendues, à moins que la crise économique ne soit beaucoup plus grave qu’anticipée actuellement », constate Moody’s. « Les banques devront dès lors sans doute augmenter sensiblement leurs provisions pour pertes sur crédits, au détriment de leur rentabilité. »