Co Entrepreneurs Café #2 : Cerner l’entrepreneur

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Un texte de Roald Sieberath, multi-entrepreneur, coach de start-up et venture partner pour LeanSquare, professeur invité à l’UCL et à l’UNamur.

L’entrepreneuriat est à la mode, et il faut certainement s’en réjouir. Le chemin parcouru sur 10 ou 20 ans est énorme. Je le vois en particulier auprès de mes étudiants ingénieurs, à Louvain ou à Liège : un bon tiers envisage le lancement d’une start-up comme une option tout à fait valide, alors que dans ma propre promo dans les nineties, nous n’étions qu’une poignée de rares électrons libres à choisir cette voie.

Mais qu’est-ce qu’un entrepreneur ? Il existe une multitude de définitions. Certaines insistent sur la prise de risque, mais Howard Stevenson, ponte de l’entrepreneuriat à Harvard Business School, préfère « la poursuite d’opportunités au-delà des ressources que l’on contrôle actuellement. » Autrement dit : l’entrepreneur se lance dans une nouvelle aventure en n’ayant qu’une partie des ressources dont il a besoin, mais confiant qu’il va pouvoir trouver ou créer en chemin les éléments qui lui manquent. En version plus radicale, la définition de Reid Hoffman, co-fondateur de LinkedIn : « C’est se jeter d’une falaise, et construire un avion sur la descente. »

Une chose est sûre : un entrepreneur doit être comfortable with uncertainty, à l’aise dans des contextes incertains.

Autre élément important : une liberté, qui peut s’entendre de plusieurs manières. « Pas de patron » ou « être son propre patron » (avant de réaliser que c’est le client le patron). Mais plus généralement, l’entrepreneur a la liberté de choisir où il pose son prochain pas.

Un freelance ou indépendant est donc, d’une certaine manière un entrepreneur. Un « faux indépendant », qui travaille dans une relation de quasi employé avec un seul client, l’est nettement moins.

On voit déjà les qualités que va devoir entretenir ou développer notre entrepreneur : une bonne gestion de lui-même, de ses priorités, de son temps. Et bien entendu, pour rendre la route moins solitaire et moins dangereuse : le soutien (même si informel ou léger) d’autres entrepreneurs.

L’entrepreneur, par nature fort indépendant voire solitaire, manque souvent de relais structurés pour trouver ces supports. Il en est réduit à la rencontre fortuite de la machine à café, ou du drink de networking, trop aléatoires et légers.

Pour avoir animé plusieurs fois des petits groupes d’entrepreneurs dans une certaine durée, j’ai pu constater à quel point un cercle de pairs, où une confiance se construit avec le temps, permettait de se sentir compris, et de partager problématiques et solutions, sans doute un fondement de l’esprit « Co ». On en reparlera.

R.

roald@roald.com