CES Las Vegas 2026 : Innovations après le salon, quel avenir ?
Depuis 1967, le CES (pour Consumer Electronics Show) présente au monde les dernières nouveautés en matière d’innovation et d’entrepreneuriat dans la tech. En 2025, la marque Withings y présentait Omnia, un miroir connecté dopé à l’intelligence artificielle, capable d’afficher des données de santé.
Chaque année, le CES (Consumer Electronics Show) à Las Vegas présente des voitures futuristes, des objets connectés et des inventions dont l’utilité varie. Depuis 1967, cet événement met en lumière les dernières avancées en innovation et en entrepreneuriat dans le secteur technologique. Cependant, toutes les innovations ne connaissent pas le succès escompté après cette exposition.
Le CES agit comme un puissant catalyseur pour la visibilité des entreprises. Clémence Carreel, responsable chez Withings, souligne que c’est une occasion d’interagir avec le marché et les médias internationaux, ainsi que de rencontrer des partenaires technologiques ou distributeurs. La marque française, connue pour ses balances connectées et objets de santé, a présenté en 2025 Omnia, un miroir connecté doté d’intelligence artificielle qui affiche des données de santé.
Néanmoins, ce miroir n’était pas destiné à la vente. Clémence Carreel précise : « Omnia, c’était un concept. Cela permettait de montrer ce que l’on proposait dans notre application. » Actuellement, ce miroir est principalement utilisé comme outil d’expérimentation dans quelques magasins.
Cette distinction entre démonstration technologique et produit commercial est essentielle au CES. Pour les start-up, le salon est souvent plus un passage obligé qu’une fin en soi. Hervé Fredouille, fondateur de zUFO, qui développe une chaussure de ski intégrant un exosquelette, témoigne en disant : « Le CES accélère la crédibilité. Une innovation, quand elle est commercialisée, est dans le stade de l’évidence. Mais avant ça, il y a des phases de doute, d’intérêt, d’exploration. » Sa chaussure, qui a remporté un prix en 2023, n’est toujours pas disponible sur le marché, et il explique que « c’est un travail de longue haleine. On espère lancer des tests grand public cet hiver. » Il ajoute que la reconnaissance du CES rassure ses partenaires : « Un prix est un formidable accélérateur, jamais un gage de succès. »
Il existe de nombreuses histoires d’innovations très médiatisées qui n’ont jamais été adoptées. La start-up française Zhor-Tech, qui avait présenté des chaussures capables de se lacer toutes seules, n’a toujours pas commercialisé son produit presque dix ans après son annonce. Elle a depuis réorienté ses activités vers des semelles connectées destinées au secteur médical. Airxom, de son côté, a disparu après la présentation d’un masque connecté pour les personnes immunodéprimées durant la pandémie de Covid-19.
Ces parcours souvent mitigés, malgré le bruissement médiatique entourant le salon, génèrent un scepticisme croissant autour du CES. En 2020, l’entrepreneur Nicolas Baldeck a choisi de se moquer de l’événement en présentant Smart Potato, une patate connectée, en utilisant les codes habituels des start-up. « Être au CES n’a rien d’extraordinaire, il suffit de payer son stand. L’idée, c’était d’interpeller : est-ce que c’est plus bête une patate connectée qu’une machine à café connectée ? » Ayant auparavant participé au salon avec une start-up « réelle », il critique certaines dérives : « On voit parfois des start-up financées, accompagnées, alors qu’au bout d’un an ou deux, on se rend compte qu’elles n’ont pas de marché. »
Malgré cela, le CES n’est pas uniquement un salon d’objets gadgets. Nicolas Baldeck reconnait que « être au CES ne garantit absolument pas le succès d’un projet, mais le salon reste intéressant pour le réseau et pour comprendre l’écosystème tech. » Il exprime une certaine optimisme envers les objets augmentés par l’IA, notant une véritable rupture, comparable à l’avènement d’Internet.
Entre innovations futuristes et concepts moins sérieux, quelles stratégies doivent adopter les start-up pour se démarquer ? Hervé Fredouille de zUFO conclut : « Ce sont les fondamentaux qui font la différence : créer une valeur différenciante, bien connaître son marché, répondre à un besoin concret. »

