Ces 5 voitures électriques n’ont pas évité la catastrophe à leur lancement.
En 2022, la Renault Mégane E-Tech a connu des problèmes de climatisation liés à une casse du compresseur lors d’une charge rapide. En été 2022, la Toyota BZ4X a été rappelée en raison de risques de détachement des roues, entraînant une interdiction d’utilisation pour les propriétaires aux États-Unis.
Lancer un nouveau produit sur le marché est toujours un défi, particulièrement pour les constructeurs automobiles. Les voitures électriques, en particulier, présentent des défis additionnels qui peuvent entraîner des débuts chaotiques. Voici quelques modèles qui ont rencontré des difficultés lors de leur lancement.
Il existe de plus en plus de véhicules électriques sur le marché. Certains fabricants se consacrent entièrement à ces modèles, tandis que d’autres continuent de produire des véhicules à moteur thermique.
Cette dualité entre l’exigence de s’engager dans l’électrique et la nécessité de maintenir des véhicules thermiques dans la gamme engendre parfois des complications, comme le montrent les cas suivants.
Nous avons identifié cinq modèles récents ayant rencontré des problèmes à leur lancement, provenant de cinq fabricants différents. Nous terminerons par un bilan des mesures à prendre pour éviter que ces incidents ne se reproduisent.
### La Renault Mégane E-Tech et sa climatisation
Avec l’été, l’utilisation de la climatisation, la charge rapide et les températures extrêmes pour les batteries peuvent poser des problèmes pour la Renault Mégane E-Tech en 2022, comme l’avait rapporté la presse.
Un problème de compresseur de climatisation se produisait lors d’une charge rapide en courant continu. Renault a vite reconnu la difficulté et a fourni des instructions pour éviter sa récurrence, conseillant de faire fonctionner la climatisation pendant la charge, ce qui a des implications non négligeables en termes de coût et d’impact environnemental.
Environ six semaines après depuis les premières pannes signalées par les clients, Renault a annoncé une mise à jour à distance pour corriger le problème de climatisation. Le nombre exacte de clients affectés reste inconnu, en partie à cause d’une condition particulière de configuration du véhicule, sans pompe à chaleur. Cet incident a alimenté le scepticisme concernant la mobilité électrique.
### La Toyota BZ4X perd ses roues
À l’été 2022, Toyota est confronté à une affaire de roues se détachant de la BZ4X, potentiellement dangereus. Les écrous se desserraient même après un court trajet.
Face à l’ampleur du problème, Toyota a mis fin aux ventes de la BZ4X et a lancé une campagne de rappel. Ce souci concernait en particulier les modèles vendus aux États-Unis, où Toyota a interdit aux propriétaires d’utiliser leur nouveau SUV électrique.
Aux États-Unis, le constructeur a même proposé aux propriétaires de la Toyota BZ4X de rendre leur véhicule contre un remboursement complet. Ce n’était pas la première fois que la BZ4X était sous le feu des projecteurs, après que des problèmes de charge rapide à faible température aient été signalés quelques semaines plus tôt.
Bien que Toyota soit le leader mondial en matière de volume, il n’est pas à l’abri de problèmes de production. Espérons qu’il s’agisse d’une erreur de jeunesse pour la marque qui se lance dans l’électrique, avec plusieurs modèles prévus dans la décennie à venir.
### La BMW i4 M50 surchauffe
Certains véhicules électriques se distinguent par leur puissance, rivalisant parfois avec des supercars. La BMW i4 M50, avec plus de 500 chevaux sous le capot, fait partie de ces modèles, mais présente un petit problème.
Dans un test réalisé par le YouTubeur spécialisé Bjørn Nyland, il a été révélé que la puissance de la BMW i4 M50 pouvait chuter dramatiquement en cas de mauvaise régulation thermique des composants.
Concrètement, la puissance peut passer de 544 à 200 chevaux, et la capacité de charge est également réduite de moitié dans certaines situations. Ce phénomène, connu sous le nom de *rapidgate*, avait déjà affecté les Nissan Leaf dépourvues de refroidissement actif du groupe motopropulseur.
Sur la BMW i4 M50, il s’agit d’un dysfonctionnement reconnu par le constructeur. Plus précisément, le niveau de liquide de refroidissement était anormalement bas, empêchant le maintien d’une température adéquate pour le pack de batterie.
Ainsi, afin d’éviter tout risque d’incendie, le véhicule se met en mode sécurité, limitant d’une part ses performances en conduite et d’autre part la puissance autorisée lors des charges rapides. Plus de peur que de mal pour BMW.
### Kia en roue libre avec son EV6
L’été dernier, un problème a touché les conducteurs de Kia EV6, qui pouvaient retrouver leur véhicule en bas d’une pente après l’avoir garé. Le souci venait du frein de parking qui se désenclenchait de façon aléatoire.
Environ 3 500 unités ont été concernées par un rappel pour résoudre ce problème, celui-ci étant corrigé par une mise à jour du logiciel SCU en concession Kia. En attendant, il était conseillé d’activer le frein à main électrique lorsque les conducteurs se garaient, au lieu de simplement passer en mode parking.
Aucun accident n’a été signalé en France, laissant penser que le problème était peu répandu. Contrairement à d’autres modèles, la Kia EV6 n’acceptait pas les mises à jour à distance lors de l’été 2022, poussant ainsi les conducteurs à se rendre en concession. Cela souligne l’importance des logiciels pour prévenir des complications majeures.
### La Volkswagen ID.3 touchée par des problèmes logiciels
Volkswagen a lancé la gamme ID de véhicules électriques en 2019, mais le lancement de la première ID.3 a rencontré des obstacles. À la fin de l’année 2019, on rapportait que l’architecture logicielle de cette berline compacte n’était pas finalisée avec le reste de la chaîne de production.
En conséquence, environ 20 000 unités sont restées stationnées dans des locaux spécifiquement loués, entraînant une perte significative pour Volkswagen.
La marque semble avoir tiré les leçons de ses erreurs, car après avoir reconnu ce problème, le développement logiciel a été priorisé.
Au printemps 2022, des mises à jour à distance ont été instaurées pour les ID.3, ID.4, ID.5 et ID. Buzz, ajoutant des fonctionnalités et améliorant l’expérience utilisateur. De nombreux fabricants ont désormais adopté cette méthode, permettant de garder leurs véhicules à jour en termes de logiciels tout au long de leur cycle de vie.
### La Citroën ë-C3 et ses bugs de jeunesse
La Citroën ë-C3 est la plus récente de cette liste, illustrant malheureusement que les leçons du passé ne sont pas toujours retenues. Présentée comme l’électrique à moins de 25 000 euros capable de démocratiser le marché, la ë-C3 connaît un lancement difficile.
Les premières livraisons ont affiché plusieurs mois de retard à cause d’un logiciel instable, et les premiers clients rencontrent un produit qui semble avoir été finalisé à la hâte. Les témoignages indiquent de nombreux problèmes électroniques préoccupants, y compris des essuie-glaces s’activant involontairement, des phares qui ne s’éteignent pas une fois le véhicule verrouillé, ou l’application mobile *MyCitroën* qui ne fonctionne pas, rendant impossible la consultation du niveau de charge ou l’activation de la précondition de l’habitacle.
Plus préoccupant pour la sécurité, certains conducteurs ont signalé des activations intempestives du freinage d’urgence sans obstacle. Stellantis a voulu agir rapidement face à la concurrence chinoise et au modèle Dacia Spring, mais la précipitation a ses conséquences.
### Des débuts souvent difficiles
Comme l’illustrent ces divers exemples, tout n’est pas simple dans le secteur des véhicules électriques. Certains fabricants parviennent à relever la tête après des années marquées par des désagréments, à l’instar de Tesla après le lancement de la Model 3 en 2017.
Le logiciel est devenu central dans la mobilité électrique, avec des attentes distinctes de la part des clients par rapport à un véhicule thermique. Les fonctionnalités de planification embarquées ou les applications mobiles sont désormais des prérequis, et les constructeurs historiques doivent se moderniser sous peine de se retrouver sur la touche.
Il est également un véritable défi pour les géants comme Toyota ou Volkswagen d’augmenter rapidement leur production de véhicules 100 % électriques, car cela ne constitue pas leur cœur de métier. Il est donc probable que les années à venir voient encore des modèles rencontrer des difficultés à leurs débuts, le temps de résoudre les problèmes liés à une nouvelle série.

