Cartographie des hospitalisations coronavirus, contact tracing… DNAlytics met ses données au service de la santé

Libre Eco week-end | La start-up de semaine

« On n’analyse pas des données pour le plaisir de la science », lance Thibault Helleputte, le cofondateur de DNAlytics. « On examine les données en réfléchissant à l’incidence qu’elles impliquent sur le terrain. »

Cette start-up, basée à Louvain-la-Neuve, vise à être le fournisseur de solutions de référence liées aux données pour la médecine personnalisée et prédictive. La médecine personnalisée, c’est précisément ce qui différence DNAlytics de ses concurrents. « Nous ne sommes pas les seuls à faire de l’analyse de données mais l’expérience du métier, c’est notre spécificité », explique le CEO.

L’histoire a commencé en 2012 avec le professeur Pierre Dupont, cofondateur. « DNAlytics c’est à la base une spin-off de l’UClouvain », confie Thibault Helleputte. « C’est la suite de travaux de recherche en machine learning appliqué à des questions de diagnostic médical. »

Depuis la plateforme a évolué et a déjà mené à bien une cinquantaine de projets. Les produits qu’elle propose se répartissent en trois catégories : les projets de recherche, la bio production et les projets de santé publique. Oncologie, allergies alimentaires,… l’analyse de données des patients est devenue un véritable enjeu de médecine personnalisée. « Grâce au recoupement de données sur divers profils génétiques, on va pouvoir catégoriser les patients en amont et les orienter vers un traitement plus efficace », détaille Thibault Helleputte.

Le panel de compétences est tout aussi large que le public cible de l’entreprise. À savoir des institutions de soins et des industries pharmaceutiques comme GSK, Sanofi ou Zentech. La start-up collabore aussi avec les cliniques Saint-Luc à Bruxelles, la KU Leuven ou les laboratoires de l’ULB. « C’est assez varié au niveau des clients », sourit Thibault Helleputte. « Nous ne travaillons pas plus avec l’un ou l’autre, la proportion change d’année en année », explique-t-il. « Par exemple, l’année dernière, le manufacturing était prépondérant mais actuellement ce sont plutôt les projets liés à la santé publique. »

La crise comme opportunité

Les projets se sont développés davantage grâce à la crise sanitaire. « Elle a amené du bon et du moins bon », concède tout de même l’entrepreneur. Face à l’arrêt soudain des projets en recherche et développement des biopharma, la start-up a dû rebondir. « Nous avons très fortement développé nos activités, toujours en data sciences et dans la santé, mais en les orientant vers la crise elle-même ». C’est ainsi que la start-up s’est retrouvée à travailler entre autres dans le domaine du contact traçing.

Son projet phare ? Une cartographie qui permet de visualiser au jour le jour la charge des hôpitaux et la disponibilité des lits. « On a confronté le nombre d’admissions de chaque hôpital par rapport à leurs ressources comme les lits en soins intensifs par exemple », explique Thibault Helleputte. « L’objectif était de surveiller la charge des réseaux hospitaliers selon les différents niveaux, provincial, régional et fédéral. » Afin de compléter le dispositif, la plateforme a mis en place un système d’alarme qui permettait au SPF Santé de donner des instructions aux véhicules d’urgence et de rediriger au mieux les patients.

La start-up a déjà mené des projets au Danemark, en France et aux États-Unis mais est principalement active en Belgique. « L’écosystème wallon et le développement des bioparks en région wallonne sont un environnement idéal pour croître », poursuit le CEO, qui souhaite agrandir son équipe de sept personnes et continuer le développement de ses activités. « On a encore de nombreuses idées, l’analyse de données a sans nul doute un bel avenir », conclut-il.