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BYD déploie sa technologie de recharge rapide en Chine avant l’Europe.

BYD a testé discrètement un système de charge à 1 500 kW dans les rues de Shenzhen. Le tarif affiché lors des tests est de 1,3 yuan par kWh (environ 0,16 euro), dont 0,3 yuan (0,038 euro) de frais de service.

En réalisant discrètement des tests sur un système de charge de 1 500 kW dans les rues de Shenzhen, BYD a franchi une étape historique. Une puissance presque inimaginable il y a cinq ans, qui redéfinit la notion de « recharge rapide » : moins de 10 minutes, chrono en main.
Les superchargeurs BYD en phase de tests // Source : BYD Fans

Pour de nombreux conducteurs de véhicules électriques, l’autonomie est un critère primordial, tout comme le prix et le design. Cependant, un nouvel élément gagne en importance dans les décisions des clients : la puissance de charge.

En résumé, plus une voiture électrique offre une puissance de charge élevée, plus elle se recharge rapidement sur une borne de charge rapide. Bien qu’il existe souvent un fossé entre théorie et pratique, gagner quelques minutes, voire une dizaine sur le temps de recharge, représente un gain de temps considérable et permet également de recharger un plus grand nombre de véhicules électriques.

Lorsqu’il est annoncé que BYD propose une puissance de charge de 1 500 kW, cela attire indubitablement l’attention des passionnés de véhicules alimentés par des électrons.

À titre de comparaison, le Supercharger V4 de Tesla, déjà considéré comme le summum de la recharge rapide, atteint un maximum de 500 kW, et est plus souvent aux alentours de 250 kW. Les bornes publiques les plus performantes en Chine se situent entre 250 et 600 kW.

Des images diffusées par des participants à une session de test, relayées par le média CarNewsChina.com, montrent des installations au design délibérément familier, avec des structures en T évoquant les auvents d’une station-service, des pistolets de charge refroidis par liquide, et une organisation pensée pour faciliter le flux.

L’architecture repose sur une tension de 1 000 V et une capacité de courant de 1 500 A. D’un point de vue purement technique, c’est impressionnant. Cependant, il reste à attendre des mesures en conditions réelles.

Une expérience conçue de manière intégrale

L’approche de BYD ne se limite pas à la puissance seulement. L’écosystème « Flash Charge », qui comprend ces bornes ultra-rapides, repose sur une application Android disponible, permettant aux utilisateurs de localiser les stations et d’activer la charge automatiquement en moins de dix secondes après la connexion, et cela sans avoir besoin de scanner un code QR.

Le tarif proposé lors des tests est de 1,3 yuan par kWh (environ 0,16 euro), dont 0,3 yuan (0,038 euro) de frais de service. Les acheteurs de modèles compatibles bénéficieraient de 1 000 kWh gratuits par an, ce qui correspond à environ une dizaine de chargements à 100 % pour une grande berline électrique ou un SUV imposant.

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Denza Z9 GT (2026) // Source : BYD

Les modèles autorisés à charger lors des tests sont les BYD Tang 9, Song Ultra, Seal 07 et Denza Z9 GT. Tous ces véhicules sont capables de se charger à 1 000 kW. La charge est automatiquement interrompue à 97 % de capacité, un choix technique judicieux pour préserver la longévité des cellules.

Avec cette technologie, le passage de 10 à 70 % de capacité est effectué en 6 minutes, soit environ 7 minutes pour aller de 10 à 80 %. Cela rivalise avec le temps nécessaire pour faire le plein d’essence, comme le rappelle souvent la directrice de l’entreprise. Pour comparaison, Porsche réussit cette opération en 15 minutes, tandis que Tesla met environ 30 minutes. Cela témoigne de l’avance prise par BYD dans ce domaine. Seul Zeekr parvient à offrir des performances similaires.

L’ambition face aux réalités du déploiement

BYD envisagerait plus de 4 000 stations et potentiellement 15 000 points de charge en partenariat à l’échelle nationale. De belles aspirations, mais pour l’instant sans calendrier précis. Et c’est ici que réside le véritable défi, car tout cela reste une démonstration interne. Les courbes de puissance constante, les gains d’autonomie en quelques minutes, les données de fiabilité à grande échelle : rien de tout cela n’est encore certifié ni publié.

La Chine excelle dans l’art de produire des présentations spectaculaires ; elle sait aussi industrialiser à une vitesse que l’Occident peine encore à égaler. BYD dispose des ressources nécessaires pour réaliser ses ambitions, puisqu’elle est désormais le leader mondial de la voiture électrique, devant Tesla. Néanmoins, il reste à voir si la technologie « Flash Charge » tiendra ses promesses une fois confrontée aux contraintes de la réalité : réseau électrique, températures, usure des prises, nombre d’utilisateurs, etc.

Quoi qu’il en soit, recharger un véhicule électrique avec une puissance que même certains camions électriques ne peuvent supporter est tout simplement impressionnant.