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BYD dépasse pour la première fois les ventes à l’étranger par rapport à la Chine.

En février 2026, BYD a livré 190 190 véhicules, soit une chute de 41 % par rapport à février 2025, marquant le sixième mois consécutif de baisse des ventes. Pour la première fois de son histoire, BYD a vendu plus de voitures hors de Chine qu’en Chine sur un seul mois, avec des livraisons internationales atteignant 100 151 unités.

BYD traverse une période difficile sur son marché national, comme beaucoup d’autres fabricants chinois. Toutefois, alors que ses ventes chutent en Chine, BYD atteint un jalon historique : pour la première fois, l’entreprise vend plus de voitures à l’étranger qu’à domicile. Ce paradoxe illustre une stratégie offensive, mais également des fragilités structurelles.

Les données de février 2026 sont claires. BYD a enregistré 190 190 véhicules livrés le mois dernier, ce qui représente une baisse de 41 % par rapport à février 2025. Il ne s’agit pas d’une simple anomalie : c’est le sixième mois consécutif de recul des ventes.

En janvier, la diminution avait déjà atteint 30 %. La tendance est préoccupante, s’accentuant et suivant généralement celle des ventes globales de véhicules à l’échelle mondiale. BYD n’est donc pas un cas isolé.

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Les causes sont bien connues mais s’accumulent. La réduction des subventions gouvernementales pour les véhicules électriques a refroidi l’enthousiasme des acheteurs chinois, qui bénéficiaient depuis des années d’aides à l’achat.

Le Nouvel An chinois a indéniablement influencé le mois de février, ce qui est un phénomène saisonnier, mais cela ne suffit pas à justifier l’ampleur de la dégringolade. Le marché domestique chinois, longtemps perçu comme un moteur inépuisable pour BYD, montre des signes de saturation et d’épuisement. Dans un pays où la concurrence entre les fabricants locaux est désormais intense, les marges se réduisent et la fidélité des clients n’est plus assurée.

Un record historique venu de l’étranger

Pour la première fois de son histoire, BYD a vendu plus de voitures hors de Chine qu’en Chine en un seul mois. Les livraisons internationales ont augmenté de 41,4 % en un an, atteignant 100 151 unités.

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Depuis plusieurs années, BYD s’efforce de diversifier sa portée géographique, conscient qu’une dépendance à un seul marché (même s’il s’agit du plus grand au monde) représente un risque systémique. Les marchés cibles se multiplient : Europe, Asie du Sud-Est, Amérique latine.

En Europe notamment, l’accent se déplace progressivement vers les hybrides rechargeables, afin de contourner les droits de douane supplémentaires imposés sur les véhicules entièrement électriques chinois. BYD, qui produit davantage de PHEV (108 243 unités en février) que de véhicules 100 % électriques (79 539 unités), se trouve ainsi dans une position favorable.

Un groupe, quatre marques, des ambitions variées

BYD représente l’essentiel des ventes avec 165 013 unités. La marque Fang Cheng Bao, orientée SUV et encore absente du marché européen, en revendique 17 036. Denza, qui arrive prochainement en France, contribue à hauteur de 5 501 véhicules. Enfin, Yangwang, la marque premium du groupe, ne dépasse pas 232 unités, mais cela ne l’empêche pas de faire parler d’elle, notamment grâce à des exploits sur le Nürburgring.

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Yangwang U9 Xtreme // Source : Yangwang

Cette structure multi-marques témoigne d’une ambition : couvrir tous les segments, du grand public au haut de gamme, à l’image d’un groupe Volkswagen ou Stellantis en version chinoise. Cependant, l’essor de Denza et Yangwang demeure embryonnaire.

BYD opère encore, pour l’essentiel, sur un seul créneau avec sa gamme de véhicules et, surtout, sa capacité à maîtriser intégralement sa production, car il convient de rappeler que BYD produit également ses propres batteries. L’entreprise fournit aussi d’autres marques, y compris un de ses grands concurrents, Tesla, pour certains Model Y, ainsi que Stellantis.

La question cruciale qui se pose aujourd’hui est celle de la pérennité de ce modèle. Peut-on construire une croissance mondiale solide en s’appuyant sur des exportations qui compensent une demande domestique déclinante ? Ou BYD est-il en train de subir, plus que de choisir, son internationalisation ? Ou, tout simplement, le marché se contracte-t-il naturellement, reflétant une dynamique cyclique, comme c’est le cas depuis des décennies ?