”Bullshit”, “inquiétant pour un politicien”, “allez plus loin que les poncifs” : débat “crypto” intense entre Geert Noels et Christophe De Beukelaer

”Pour moi, c’est une technologie qui révolutionne l’industrie financière : elle permet de stocker et d’échanger de la valeur sans intermédiaire”, place d’entrée Christophe De Beukelaer, député bruxellois et “crypto convaincu”. Derrière l’ascension des monnaies numériques et décentralisées, il y a selon lui un véritable enjeu démocratique. “En politique, il y a toujours eu un pouvoir et un contre-pouvoir. Au niveau monétaire, il doit en être pareil. La question est donc de savoir comment faire fonctionner en parallèle les différents systèmes.” Et de citer l’importance de la liberté financière pour tous les citoyens. “Dans des régimes autoritaires comme l’Iran ou l’Afghanistan, nous avons des témoignages en ce sens : on coupe l’accès aux moyens financiers aux femmes qui souhaitent s’émanciper.”

Un avis pas forcément partagé par l’économiste Geert Noels. “Le bitcoin n’est pas la première tentative de système décentralisé. Si on centralise c’est pour des questions d’efficience. C’est notamment pour cette raison que ce système consomme tellement d’énergie : la décentralisation est peu efficiente et doit gérer des volumes énormes”, rappelle-t-il. M. Noels déplore également la volonté de certains de bénéficier des avantages du système décentralisé, tout en cherchant à obtenir les garanties d’un système centralisé. “Les nœuds de centralisation sont bien évidemment très vulnérables, raison pour laquelle le contrôle sur les banques centrales, Swift ou Euroclear est si fort. C’est pourquoi aujourd’hui, on voit survenir un problème dans l’univers des cryptomonnaies. Si on essaie d’améliorer l’efficience, comme avec FTX, le système devient très vulnérable, et le manque de contrôle mène à des explosions.”