British Steel: le futur acquéreur envisage des suppressions d’emplois

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Le fonds de pension de l’armée turque prévoit de restructurer le groupe de sidérurgie britannique British Steel qu’il est en passe de racheter, avec à la clé la possible suppression de centaines d’emplois, révèle lundi le Financial Times.

Le quotidien des affaires, qui cite deux personnes au courant des discussions, explique que Oyak, le nom du fonds de pension, veut améliorer la productivité de British Steel, ce qui pourrait affecter une partie des emplois des plus de 4000 salariés de l’entreprise.

Dans un entretien au Financial Times, Toker Ozcan, un haut responsable de Oyak, a refusé de commenter les suppressions d’emplois. « Je ne suis pas focalisé sur le nombre de salariés, mais sur la productivité« , qualifiée de « trop faible« , selon le dirigeant qui ajoute vouloir augmenter la production du groupe.

Oyak a annoncé vendredi dernier avoir été choisi pour mener des négociations exclusives afin de racheter l’entreprise de sidérurgie britannique en faillite British Steel. Les discussions doivent durer deux mois et si tout se passe bien le rachat sera conclu avant la fin de l’année.

Créé en 1961 un an après un coup d’Etat militaire, Oyak est un puissant conglomérat en Turquie, notamment actif dans le secteur de la sidérurgie avec 49% du capital du groupe turc Erdemir, dont l’activité serait complémentaire avec celle de British Steel.

Annonce saluée

L’annonce sur la reprise de British Steel a été saluée par les syndicats, qui redoutaient le pire pour l’entreprise britannique dont le principal site est le complexe sidérurgique géant de Scunthorpe dans le nord-est de l’Angleterre.

Le syndicat des travailleurs de la sidérurgie Community a toutefois prévenu qu’il sera très attentif au projet porté par Oyak et son bras financier Ataer.

« Nous voulons nous assurer que Ataer à une stratégie de long terme afin d’investir dans les actifs et développer l’entreprise. Le gouvernement a bien sûr un rôle clé à jouer« , selon son secrétaire général Roy Rickuss.

Numéro deux du secteur au Royaume-Uni derrière Tata Steel, British Steel a fait faillite en mai dernier faute de liquidités suffisantes. Il avait mis ses difficultés financières sur le compte du Brexit, dont les incertitudes plombent la demande en acier de ses clients européens.