British Airways envisage de contester en justice la quarantaine britannique

Le groupe IAG, maison mère de British Airways, a délaré vendredi envisager une action en justice contre la décision du gouvernement d’imposer une quarantaine aux visiteurs arrivant au Royaume-Uni, une mesure fustigée par le secteur aérien et du tourisme.

« Nous pensons que c’est irrationnel, nous pensons que c’est disproportionné et nous envisageons une action en justice contre cette législation », a dit Willie Walsh, patron de IAG, sur la chaîne Sky News.

« Nous allons voir cela avec les avocats dans la journée », selon lui.

« Je pense qu’il y a d’autres compagnies aériennes qui font de même parce qu’il faut souligner qu’il n’y a eu aucune consultation avec le secteur », a-t-il ajouté.

Dans la foulée de ces déclarations le transporteur aérien irlandais Ryanair a indiqué compter « soutenir toute action en justice lancée par IAG contre cette quarantaine inefficace et inutile ».

M. Walsh a estimé que cette mesure allait « torpiller » le programme de reprise des vols en juillet.

Après avoir subi un arrêt brutal de leur activité pendant des semaines en raison de la pandémie de coronavirus, les entreprises dans l’aérien et le tourisme espéraient redémarrer grâce au déconfinement.

Mais leurs plans sont perturbés par la quarantaine imposée à partir de lundi à tous les voyageurs arrivant de l’étranger au Royaume-Uni.

Le tonitruant patron de Ryanair, Michael O’Leary, a même décrit jeudi la quarantaine comme une mesure « conçue par Dominic Cummings pour Dominic Cummings », en référence au conseiller spécial du Premier ministre Boris Johnson, dont les déplacements pendant le confinement ont provoqué une vive polémique.

Signe des tensions entre le secteur et le gouvernement, British Airways, la plus grande compagnie aérienne au Royaume-Uni, a refusé de participer à une réunion sur le sujet jeudi avec la ministre de l’Intérieur Priti Patel.

La décision de la compagnie a déplu au syndicat Unite qui juge « irresponsable » de bouder une réunion censée trouver une issue au problème, d’autant que des emplois sont en jeu.

Le gouvernement réfléchit dans le même temps à instaurer des ponts aériens avec certains pays, qui permettraient ainsi d’éviter à de nombreux voyageurs entrant au Royaume-Uni d’observer la quarantaine.

Selon une étude du cabinet Survey Monkey publié en début de semaine, les entreprises de voyages et d’hôtellerie pensent licencier jusqu’à 60% de leur personnel en cas d’introduction d’une quarantaine.