Batteries de voitures électriques : régression face à la technologie ?
En 2023, une batterie perdait en moyenne 1,8 % de capacité par an, alors qu’en 2025, cette dégradation est remontée à 2,3 % par an. Geotab souligne que si la recharge rapide représente plus de 12 % des sessions, la dégradation grimpe à 2,5 % par an.
En 2023, la durée de vie des batteries de voitures électriques connaissait une amélioration. Pourtant, les derniers chiffres de 2025 viennent de révéler une surprise : nous sommes revenus aux niveaux de 2020. Cette régression soudaine s’explique par une mauvaise utilisation lors des recharges.
Geotab, une entreprise spécialisée dans l’analyse des données télématiques de milliers de véhicules, a mis à jour son étude sur la santé des batteries.
En 2020, une batterie perdait en moyenne **2,3 % de capacité par an**. En 2023, une baisse réjouissante avait été observée, à **1,8 %**. La technologie était en progrès, avec des systèmes de gestion thermique (BMS) devenant plus performants. On pouvait croire que cette problématique était derrière nous.
Les données de 2025 montrent cependant un retour à **2,3 % de dégradation annuelle**. Cela signifie, pour une voiture avec une autonomie de 500 km, une perte de plus de 10 km chaque année. Au bout de 8 ans, il ne resterait que 80 % de la capacité de la batterie initiale. Mais pourquoi cette régression alors que les véhicules sont techniquement plus avancés ?
### Le piège de la Supercharge
Le problème ne réside pas dans la batterie elle-même, mais dans son utilisation. Les fabricants rivalisent d’arguments marketing avec des promesses de « 10 à 80 % en 15 minutes ». Toutefois, il est évident que la **recharge rapide en courant continu (DC)** est nuisible pour les cellules. Elle entraîne une montée de température, stresse la chimie, et cause une usure à long terme.
Geotab fournit des données précises sur ce phénomène. Si la recharge rapide représente plus de **12 % de vos sessions**, la dégradation atteint **2,5 % par an**. En revanche, si vous restez en dessous de ce seuil et privilégiez une recharge lente à domicile ou au travail, la perte se limite à **1,5 %**. Cette différence est significative pour la longévité du véhicule.
Un autre facteur aggravant est la tendance à la « tankification » de la flotte automobile. Les véhicules sont désormais plus grands, plus lourds, et équipés de batteries de plus grande capacité. Cette évolution entraîne des contraintes thermiques et mécaniques accrues.
Une mauvaise habitude additionnelle consiste à laisser la voiture chargée à **100 %** alors qu’elle reste stationnée, ce qui favorise un vieillissement prématuré, notamment pour les batteries NMC.
### Faut-il arrêter les longs trajets ?
Il n’est pas question de se passer des Superchargeurs ou des bornes Ionity, qui sont essentiels pour les longs trajets. Cependant, il est important de ne pas percevoir la voiture électrique comme un véhicule thermique que l’on « fait le plein » en 5 minutes à chaque occasion.
L’étude révèle que la dégradation n’est pas linéaire. Elle se produit plus rapidement au début ou en cas de mauvais traitement des cellules. La bonne nouvelle ? Vous avez la possibilité de maîtriser la situation.
Pour un usage quotidien, la charge lente (AC) est la meilleure option. Il est conseillé de limiter le chargement à **80 %** pour les trajets habituels si vous disposez d’une batterie MMC, et à **100 %** pour une batterie LFP.
La technologie des batteries progresse, c’est un fait. Toutefois, nos mauvaises habitudes évoluent encore plus rapidement. En attendant l’arrivée des batteries solides, qui pourraient résoudre ces problèmes chimiques, la meilleure protection pour votre batterie réside dans vos comportements de recharge.

