Après les frappes iraniennes, les interdictions de survol des espaces aériens iranien et irakien se multiplient

Suite aux frappes iraniennes contre les bases d’Aïn al-Assad et d’Erbil en Irak, utilisées par l’armée des Etats-Unis, de nombreuses compagnies aériennes ont décidé d’interdire le survol des espaces aériens iranien et irakien.

L’agence fédérale de l’aviation américaine (FAA) a interdit dès mardi soir aux avions civils américains le survol de l’Irak, de l’Iran et du Golfe, quelques heures après l’attaque de bases en Irak abritant des soldats américains.

« L’agence fédérale de l’aviation a émis des messages aux navigants aériens (NOTAMS) détaillant des restrictions de vol qui interdisent aux opérateurs d’avions civils américains d’opérer dans l’espace aérien au-dessus de l’Irak, de l’Iran, et des eaux du golfe Persique et du golfe d’Oman« , a annoncé la FAA dans un communiqué.

Ce mercredi, c’était au tour d’Air France de suspendre jusqu’à nouvel ordre « tout survol des espaces aériens iranien et irakien« , quelques heures après des frappes iraniennes contre deux bases abritant des soldats américains en Irak.

« Par mesure de précaution et dès l’annonce de frappes aériennes en cours, Air France a décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre tout survol des espaces aériens iranien et irakien« , a indiqué un porte-parole de la compagnie aérienne, contacté par l’AFP.

La compagnie néerlandaise KLM qui fait partie du même groupe a appliqué le même principe de précaution. « Tous les vols vers les différentes destinations d’Asie du sud-est et du Moyen-Orient seront assurées par des routes alternatives« , a déclaré un porte-parole de KLM.

Dans la foulée, la compagnie allemande Lufthansa annonçait qu’elle suspendait elle aussi « jusqu’à nouvel ordre » ses survols de l’Iran et l’Irak. Lufthansa a également annulé un vol prévu ce mercredi entre Francfort et Téhéran, a indiqué dans un communiqué la compagnie, précisant que le contournement des zones aériennes iranienne et irakienne aurait « un impact sur la durée » d’autres vols.

Emirates, flydubai

De leur côté, les compagnies aériennes de Dubaï, Emirates et flydubai, ont également annoncé annuler leurs vols à destination de Bagdad, après des frappes iraniennes.

« Les vols Emirates EK 943 de Dubaï à Bagdad et le vol EK 944 de Bagdad à Dubaï le 8 janvier ont été annulés pour des raisons opérationnelles« , a déclaré un porte-parole d’Emirates dans un communiqué.

« Nous suivons attentivement l’évolution de la situation et sommes en contact étroit avec les autorités gouvernementales compétentes« , a-t-il ajouté, précisant que d’autres changements pourraient être décidés « si nécessaire« .

« La sécurité de nos passagers, de notre équipage et de nos avions est notre priorité numéro un et ne sera pas compromise« , a-t-il affirmé.

La compagnie à bas coût flydubai a pour sa part « annulé son vol pour Bagdad » et a maintenu ses « vols pour Bassora et Najaf« , dans le sud de l’Irak, selon un communiqué de la compagnie qui n’a pas donné plus de détails.

D’autres compagnies de la région avaient déjà suspendu leurs vols vers l’Irak, comme ma compagnie Gulf Air de Bahreïn, dès le 3 janvier, jour de l’assassinat du général Soleimani. cette décision concerne les vols à destination et en provenance de Bagdad et de la ville sainte chiite de Najaf (sud de l’Irak).

Kuwait Airways avait annoncé ce lundi que ses vols à destination de Najaf, la seule route qu’elle exploite vers l’Irak, avaient été suspendus pour des « raisons de sécurité » depuis quatre semaines, à la suite du déclenchement de violentes protestations dans ce pays.

Il n’y a pour l’instant pas d’informations des autres compagnies aériennes du Golfe sur leurs vols vers l’Irak, mais certaines d’entre elles continuent d’accepter des réservations vers diverses villes irakiennes.

D’autres compagnies aériennes du Moyen-Orient avaient annoncé ces derniers jours la suspension de leurs vols vers l’Irak, à l’instar de la compagnie jordanienne Royal Jordanian, qui avait suspendu ses vols vers Bagdad, avant de les rétablir. Mardi, EgyptAir avait suspendu ses vols pour trois jours à destination de Bagdad.