Après avoir voulu vendre son île pour 12 millions d’euros, un couple change d’avis et veut créer le premier paradis des cryptomonnaies

L’île de Lataro va-t-elle devenir la « capitale mondiale des cryptomonnaies » ? C’est en tout cas le rêve d’Anthony Welch et de son épouse Theresa. Depuis douze ans, le couple est l’heureux propriétaire de cette île située à l’est de Vanuatu, archipel situé dans le Pacifique à mi-chemin entre l’Australie et Fidji.

Actuellement seul sur ce bout de terre jusqu’ici demeuré vierge en grande partie, le duo souhaite y accueillir 21 000 aficionados de cryptomonnaies pour fonder une « crypto utopie, la première démocratie basée sur la blockchain », expliquent-ils.

Bienvenue sur Satoshi Island

Interrogé par The Guardian sur le sujet, Anthony Welch déclare vouloir « bâtir une communauté » et non « essayer de faire du profit ». Après avoir mis son île en vente pour 12 millions de dollars, il explique avoir été approché par des fervents partisans des cryptomonnaies à la recherche d’un endroit pour fonder une société basée sur les devises numériques.

A la suite de cette demande, l’île a été retirée de la vente et M. Welch s’est associé à James Law (architecte basé à Hong Kong), Denys Troyak (crypto entrepreneur) et Daniel Agius (directeur des opérations de Vanuatu Investment Migration Bureau, une agence spécialisée dans la vente de la nationalité de Vanuatu). Ils ont alors mis sur pied le projet Satoshi Island, sur la base du pseudo utilisé par le(s) créateur(s) du bitcoin. Une vidéo promotionnelle a ensuite été partagée sur la page Twitter officielle du projet :

« Le ‘cryptoparadis’ qu’ils veulent créer et une idée très cool, et une excellente utilisation de l’endroit où nous avons vécu pendant douze ans », ajoute-t-il.

Une île possédée par ses 21 000 habitants

Concrètement, les gestionnaires du projet prévoient de vendre l’île au travers de non-fungible token (NFT), garantissant également la citoyenneté de la Satoshi Island. « La vie sur l’île sera une expérience unique, offrant à la communauté des cryptomonnaies l’occasion de vivre et de travailler avec des personnes ayant les mêmes aspirations, dans un endroit conçu autour de l’industrie que nous aimons », détaille le site dédié.

L'île de 3 millions de m² pourrait être complètement transfigurée.
L’île de 3 millions de m² pourrait être complètement transfigurée. ©Satoshi Island

Une ville moderne et durable verra le jour en lieu et place des actuelles forêts vierges, afin d’héberger les locataires à venir.

Pas le premier projet du genre

Un paradis pour les amateurs de cryptomonnaies, voilà uni idée qui n’est pas neuve. Mais jusqu’ici, toutes les tentatives ont échoué. Palau (autre île du Pacifique) a tenté d’instaurer la première monnaie virtuelle soutenue par un gouvernement, sans succès. Une île de Fidji devait également devenir « Cryptoland » : le projet est toutefois tombé à l’eau quand les promoteurs ont échoué dans leur tentative d’acheter l’île.

Un échec qui ne se produira cette fois pas, selon Anthony Welch, puisqu’il possède déjà l’île et affirme avoir le soutien du gouvernement de Vanuatu. Le Guardian explique toutefois ne pas avoir reçu la moindre confirmation de sa part après l’avoir sollicité à ce sujet.

Autre détail d’importance : obtenir la nationalité de Vanuatu sera indispensable pour pouvoir résider sur Satoshi Island. Une opération coûteuse puisque cette dernière s’achète au prix d’or de 130 000 dollars. Un système décrié mais pratiqué par l’archipel qui octroie un passeport dans 129 pays, dont tous ceux de l’espace Shengen.