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Après Air France, le plus grand groupe aérien européen choisit Starlink.

Lufthansa a confirmé qu’elle allait remplacer son infrastructure actuelle par la solution de SpaceX au second semestre 2026. L’investissement dans la flotte nécessitera plus de 117 millions d’euros pour équiper chaque terminal Starlink Aviation coûtant environ 138 000 €.


Quelques mois après l’annonce d’Air France, Lufthansa annonce également qu’elle abandonne ses partenaires historiques pour s’associer avec Starlink.

Le groupe Lufthansa, qui possède 850 appareils, a confirmé qu’il allait remplacer son infrastructure actuelle par la solution de SpaceX, ce qui signifie que Deutsche Telekom perd ce marché au bénéfice de Starlink.

Le déploiement de cette nouvelle technologie débutera au second semestre 2026 et concernera l’ensemble du groupe, incluant Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ainsi que la nouvelle venue, ITA.

Jusqu’à présent, Lufthansa utilisait le réseau EAN (European Aviation Network), une solution hybride combinant des antennes 4G au sol et un satellite en bande S. Cependant, cette option ne suffisait plus aux exigences des passagers.

L’expérience Starlink, comme celle déjà testée chez Air France, est effectivement très différente de celle proposée auparavant.

Le véritable changement apporté par Starlink ne réside pas uniquement dans le débit, mais également dans la latence. Avec un temps de réponse de seulement 20 millisecondes, contre plusieurs centaines pour les satellites géostationnaires classiques, l’expérience utilisateur est radicalement améliorée. Les passagers pourront effectuer des appels FaceTime, jouer à Fortnite ou travailler via un VPN sans interruptions fréquentes.

La clé du succès de Starlink est sa constellation de satellites en orbite basse (LEO). Alors que les partenaires de Telekom sont positionnés à 36 000 km, les satellites Starlink ne sont qu’à 550 km de l’avion. Cette différence de distance est cruciale et ne peut être compensée, même avec les meilleures antennes terrestres.

Pour implanter cette technologie, Lufthansa devra réaliser un investissement considérable. Chaque terminal Starlink Aviation coûte environ 138 000 € (150 000 $), sans compter les frais d’installation. Pour l’ensemble de sa flotte, cet investissement dépasse les 117 millions d’euros. Toutefois, pour la compagnie, c’est le prix à payer afin de rester compétitive face à Air France ou Qatar Airways.

Comme pour Air France, le service sera gratuit, mais les passagers devront créer un compte utilisateur (Lufthansa ID ou Miles & More).

Cette initiative symbolise également un échec dans la quête de souveraineté technologique en Europe. En 2024, Lufthansa comptait encore sur le réseau EAN, jugé comme une fierté technologique du continent. Deux ans plus tard, le constat est amer : pour proposer le « meilleur produit du marché », selon les mots de Dieter Vranckx, le directeur commercial du groupe, il faut se tourner vers les États-Unis.

Starlink est en train de dominer le secteur aérien en tuant toute concurrence. En offrant un matériel standardisé, simple à installer et aux performances inégalées, SpaceX crée de facto un monopole.

D’ici 2029, l’intégralité de la flotte Lufthansa sera connectée à la constellation de SpaceX, rendant le Wi-Fi de bord, jadis instable, invisible et performant.