Aigle Azur: des syndicats demandent à l’Etat un « prêt relais d’environ 35 millions d’euros pour sauver la compagnie »

Des syndicats d’Aigle Azur ont appelé vendredi l’Etat à accorder un « prêt relais d’environ 35 millions d’euros pour sauver » la compagnie, placée en liquidation judiciaire, et dont le tribunal de commerce d’Evry doit désigner plus tard dans la journée un éventuel repreneur.

« L’Etat français doit nous accorder un prêt relais d’environ 35 millions d’euros pour sauver la deuxième compagnie aérienne française« , estiment les représentants de plusieurs syndicats (CFDT, SPL, CFTC, SNPL) dans un communiqué.

Selon eux, « la liquidation toute proche d’Aigle Azur constituerait un gâchis immense« .

« Le redressement judiciaire ayant été prononcé le 2 septembre, le temps nécessaire à la publicité indispensable pour trouver des capitaux suffisants a été bien trop court« , assurent-ils.

Ils renvoient à l’exemple de la compagnie allemande Condor, filiale du voyagiste britannique en faillite Thomas Cook, qui a obtenu mardi un prêt relais garanti par l’Etat allemand de 380 millions d’euros, lui permettant de continuer à voler.

Doutes sur la capacité de financement

Cette demande intervient alors que des doutes subsistent sur la capacité de financement des deux offres de reprise que le tribunal de commerce d’Evry étudie depuis plusieurs jours.

L’une émane de deux anciens responsables d’Air France, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, offre conditionnée à l’obtention d’un prêt participatif de 15 millions d’euros auprès de l’Etat.

L’autre est présentée par Lu Azur, actionnaire minoritaire d’Aigle Azur à hauteur de 19%. Mais quand « Lu Azur, à la demande du tribunal, est venu apporter la preuve de l’existence et de la localisation des 30 millions d’euros de fonds pour la reprise d’Aigle Azur, Gérard Houa a constaté qu’il n’y avait personne en salle d’audience au tribunal de commerce d’Evry » ce vendredi matin, a affirmé un porte-parole de Lu Azur.

La présidente du tribunal Sonia Arrouas a toutefois indiqué que M. Houa « n’a nullement trouvé porte close » mais « a apporté des éléments à l’administrateur qui les a communiqués au juge commissaire et au Parquet« .

Un passif de 148 millions d’euros

Le tribunal de commerce d’Evry doit rendre plus tard vendredi sa décision sur l’avenir d’Aigle Azur, qui emploie quelque 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie, et qui accuse un « passif de 148 millions d’euros« .

La compagnie, dont les 11 avions ne volent plus depuis le 7 septembre, a été placée en liquidation judiciaire le 16 septembre avec poursuite d’activité jusqu’au 27 pour permettre aux repreneurs de peaufiner leurs offres.