Aigle Azur: 4 candidats sur les rangs, Air France et Dubreuil jettent l’éponge

Air France et le groupe Dubreuil, qui envisageaient de déposer une offre conjointe pour Aigle Azur, ont finalement jeté l’éponge, laissant quatre candidats sur les rangs pour reprendre la compagnie aérienne en liquidation judiciaire.

Les quatre offres consistent en celle de deux anciens dirigeants d’Air France, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, celle de Gérard Houa, actionnaire à hauteur de 19% d’Aigle Azur via la société Lu Azur, celle de Vueling, la compagnie low-cost du groupe IAG, et une offre en nom propre, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

La compagnie Air France, qui figurait parmi les sept repreneurs potentiels qui s’étaient manifestés auprès du tribunal de commerce d’Evry, « n’a pas déposé de nouvelle offre (…), considérant que les conditions n’étaient pas réunies pour le faire« , a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Le syndicat Alter (deuxième syndicat chez les pilotes d’Air France, minoritaire) s’élève contre une raison invoquée par Air France, selon laquelle « cette reprise risquait de porter atteinte au climat social plus apaisé ». En clair, il fallait reprendre les pilotes d’Air Azur avec leur ancienneté, ce qui porterait atteinte à la carrière des pilotes d’Air France. « Or, nous n’avons même pas été sollicités. Les pilotes ne veulent pas servir d’alibi au retrait d’Air France« , a indiqué à l’AFP Alexandre Rio, président d’Alter.

Air France avait envisagé de faire une offre combinée avec le groupe Dubreuil, maison mère des compagnies Air Caraïbes et French Bee, qui a confirmé son retrait, précisant que « les montants en jeu et les risques sociaux associés à la reprise des salariés ne nous permettent plus d’envisager un plan de reprise raisonnable et économiquement viable« .

Le tribunal de commerce d’Evry a décidé lundi la liquidation d’Aigle Azur, en cessation de paiement, mais lui a accordé un sursis jusqu’au 27 septembre. Il doit examiner lundi les nouvelles propositions.

La présidente du tribunal, Sonia Arrouas, avait insisté sur la « priorité » du tribunal qui est « la sauvegarde d’un maximum de salariés« , soulignant la situation financière difficile de la compagnie qui accuse un « passif de 148 millions d’euros« .

« Recentrage du réseau »

Aigle Azur a transporté 1,88 million de passagers l’an dernier, principalement vers l’Algérie, mais aussi le Liban, le Portugal, la Russie, le Brésil ou le Mali. La compagnie emploie quelque 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie.

L’offre de MM. Guérin et Micouleau porte sur la « totalité du fonds de commerce » et passerait par une « holding de reprise« , dont les actionnaires seront dans un premier temps Lionel Guérin et Philippe Micouleau à hauteur de 30%, et une société de droit espagnol, DFO oil product, à hauteur de 70% et les salariés « dans la limite de 20% » dans un second temps, selon l’offre de reprise que l’AFP a pu consulter.

Cette dernière est conditionnée à « l’obtention d’un prêt participatif de 15 millions d’euros auprès de l’Etat » et prévoit « un recentrage du réseau sur les lignes structurellement rentables, en particulier l’Algérie« .

Sur le volet social, l’offre de MM. Guérin et Micouleau propose de reprendre 787 salariés dont 526 en France et 261 en contrat à durée indéterminée en Algérie.

Vueling propose de son côté de reprendre les 2.184 créneaux horaires de jour attribués à Aigle Azur à l’aéroport d’Orly, ainsi que l’ensemble des 231 horaires de nuit qui lui sont attribués à Paris-Charles de Gaulle, selon l’offre consultée par l’AFP.

Sur le plan social, la filiale du groupe IAG garderait huit copilotes et 16 hôtesses ou stewards selon ses propres conditions.

Les créneaux aéroportuaires, correspondant à une heure et une date précise de décollage ou d’atterrissage, sont particulièrement convoités par les compagnies aériennes à l’aéroport d’Orly où leur nombre est plafonné à 250.000 par an. Aigle Azur en disposait de 9.800.

L’offre présentée par Lu Azur prévoit la reprise de 90% de la flotte actuelle et de 82,2% des employés dont 100% de ceux basés en Algérie, et un financement de 30,4 millions d’euros, « dont la moitié provenant de M. Houa et 15,4 millions de prêt à moyen terme sans clause suspensive« , a indiqué à l’AFP Philippe Bohn, un proche de M. Houa.

L’offre couvre le secteur moyen-courrier d’Aigle Azur et prévoit de « reconcentrer l’entreprise » sur les liaisons avec l’Algérie, selon lui.

Aucune information n’a pu être obtenue dans l’immédiat sur la quatrième offre.