À Wall Street, un trader a tout intérêt à savoir coder (Mise à jour)

Jamais marchés financiers et technologies n’ont été aussi inséparables. Savoir coder devient alors aussi essentiel que savoir écrire, développe R. Martin Chavez, l’artisan de la transformation numérique du géant américain Goldman Sachs.

Ramon Martin Chavez, vétéran de Goldman Sachs, mettra bientôt un terme à deux décennies « d’aventures » à des postes clés au sein de la monumentale banque d’investissement américaine.

Avant de quitter le coeur boursier de New York pour rejoindre la Californie, où il enseignera prochainement à Stanford un cours intitulé « How Software Ate Finance » (que l’on pourrait traduire librement par comment l’informatique n’a fait qu’une bouchée de la finance), il a exposé l’avenir de l’industrie face aux caméras de Bloomberg.

Un avenir façonné par la pression réglementaire, les taux d’intérêt mais aussi, voire surtout, par les progrès technologiques. Les services cloud, les logiciels libres, les API (interfaces programmables d’application) ont été de puissants moteurs de changement, explique Martin Chavez, initiateur notamment du programme Trader who Code de Goldman Sachs.

« C’est une évolution naturelle. La vieille dichotomie du système financier, du fournisseur de données de marché vs l’utilisateur de données de marché, du trader vs l’ingénieur, cette distinction disparaît« , assure-t-il.

D’ailleurs, à la question de la survie éventuelle d’un trader qui ne saurait pas coder à Wall Street, l’architecte du numérique semble pencher pour l’extinction.

« C’est comme écrire une phrase en Anglais. C’est une aptitude essentielle« , sourit Martin Chavez, avant de relativiser, non sans ironie, que « nous ne sommes pas tous des écrivains, romanciers, journalistes« .

Pour lui, un raisonnement algorithmique permet d’aborder les problèmes sous un angle plus pertinent, performant, prédictif. Un talent que quiconque devrait essayer de développer.

« Rendre l’argent, le capital et le risque programmables« , voilà l’ambition que son parcours professionnel lui inspire de livrer à ses futurs étudiants.

Un vision qui offre une transition toute faite pour la journaliste qui l’interroge sur l’émergence et l’importance des cryptomonnaies.

« C’est un peu ce vers quoi nous nous dirigeons tous, les digital assets, l’argent programmable. Mais des dizaines d’entreprises le font déjà sans pour autant passer par les cryptoactifs« , nuance-t-il en pensant par exemple à Stripe, l’une de ces success stories de la Silicon Valley, qui sans vraiment nécessiter d’efforts commerciaux ou marketing vend… des API.

À l’image des solutions de paiements programmable de Stripes, la tendance du secteur financier pourrait ainsi tenir en une phrase, selon lui: « tout devient électronique ».

« Les ordinateurs resteront certes meilleurs que les humains pour toute une série de tâches, comme monitorer quantité d’actions dans l’univers des sociétés cotées. Mais, en même temps, les humains gardent des aptitudes relationnelles et d’évaluation du risque que les ordinateurs ne pourront potentiellement jamais accomplir« , épingle R. Martin Chavez.