« Zone interdite » : Roubaix dans la tourmente après un reportage M6 sur l’islam radical

Dimanche soir, M6 a diffusé « Face au danger de l’islam radical, les réponses de l’Etat », un reportage de son émission Zone interdite. Une enquête de plusieurs mois dans laquelle Roubaix tient une place particulièrement importante. Le reportage de nos confrères évoque notamment l’AAIR, une association de soutien scolaire subventionnée par la mairie et suspectée de donner des cours coraniques. Une affaire pour laquelle l’actuel maire de Roubaix, Guillaume Delbar, doit être jugé le 1er février pour « détournement de fonds publics par négligence ».

Des poupées sans visage car ce serait contraire aux principes de l’islam de représenter l’être humain, un restaurant avec des box fermés pour les femmes voilées, des jouets pour les petits musulmans, des livres qui expliquent les droits et les devoirs des époux musulmans… Pour ces signes, que Zone interdite a déniché dans certains commerces de Roubaix et qui prouveraient le développement du communautarisme, la ville en prend pour son grade sur les réseaux sociaux. Mais c’est plutôt sur la partie concernant l’association AAIR que le maire de la commune, Guillaume Dellbar, a tenu à s’exprimer ce lundi.

« Je peux avoir été trompé, j’ai pu me tromper »

C’est d’ailleurs parce que la mairie a subventionné cette association, soupçonnée d’avoir donné des cours coraniques, que l’élu va comparaître devant la justice. « Oui, je l’avoue : j’ai même soutenu une association qui venait de faire scission avec une mosquée devenue salafiste. Pourquoi ? Parce qu’elle développait un programme formidable d’aide à la réussite scolaire pour les enfants roubaisiens », réagit Guillaume Delbar.

Dans le reportage de nos confrères, les cours coraniques ont subitement disparu pour être remplacés par des cours d’arabe, « parce que l’Etat nous surveille », déplorent des parents d’élèves interrogés. « Alors oui, je peux avoir été trompé, j’ai pu me tromper. Mais le débat ne doit pas être manipulé par ceux qui voient des séparatistes partout », se défend Guillaume Delbar, rappelant au passage que « cette association a été soutenue de manière unanime par les collectivités durant des années ».

Et parmi ces collectivités, la préfecture du Nord : « Des contrôles réalisés par les services de l’État ont mis en évidence que l’association AAIR dispensait des cours d’arabe à caractère culturel », reconnaît le représentant de l’Etat sur Twitter. Le préfet assure néanmoins avoir cessé tout versement pour ces raisons dès le 1er mars 2021 et avoir demandé le remboursement des subventions antérieures.