« Zone Interdite » à Roubaix : Le maire porte plainte pour menaces après la diffusion du reportage de M6

Le reportage de Zone interdite consacré à Roubaix n’en finit plus de faire des vagues. Mercredi, le maire de la ville a déposé plainte pour menaces après un reportage polémique de M6 en partie consacré à l’islamisme dans sa ville, qui avait déjà entraîné la protection policière de la présentatrice Ophélie Meunier et d’un jeune Roubaisien.

Dans un communiqué le 28 janvier, l’élu divers droite, Guillaume Delbar, avait assuré recevoir « plus d’une dizaine » de messages chaque jour, regrettant d’être devenu « une cible vivante ».

Les liens de la mairie et une association pointés par « Zone interdite »

Dans le reportage de Zone Interdite, diffusé le 23 janvier, y étaient évoqués les liens entre le maire et une association de la ville, Ambitions et initiatives pour la réussite (AAIR), soupçonnée de dispenser des « cours coraniques » sous couvert de cours d’arabe avec des dizaines de milliers d’euros de fonds publics, notamment municipaux.

Guillaume Delbar et trois membres de l’association sont convoqués le 13 octobre devant le tribunal correctionnel de Lille pour ces faits, le premier pour détournement de fonds publics « par négligence », les autres pour « abus de confiance » entre 2016 et 2020. « Je peux avoir été trompé, j’ai pu me tromper » en soutenant « une association qui venait de faire scission avec une mosquée devenue salafiste », avait avancé Guillaume Delbar.

L’« activité prosélyte » réfutée

Eux aussi menacés après le reportage, la présentatrice Ophélie Meunier, ainsi qu’un jeune juriste de formation originaire de Roubaix, Amine Elbahi, qui apparaît comme témoin, ont été placés sous protection policière. Le Roubaisien a porté plainte. Amine Elbahi avait alerté fin 2020 la préfecture du Nord sur cette association. En arrière-plan, des soupçons de clientélisme à l’encontre de Guillaume Delbar.

Après enquête, la préfecture dit avoir constaté que « des cours d’arabe à caractère cultuel » y étaient bien dispensés. Mais le président de l’association, Nordine Khabzaoui, réfute toute « activité prosélyte ».