Whitney, gagnante de «The Voice»: «Je n’ai pas pleuré alors que, d’habitude, je pleure à chaque dénouement»

Whitney dans «The Voice». — Lionel Guericolas / ITV / Bureau233

  • Whitney, 20 ans, s’est imposée face à Clément, Sidoine et Pierre Danaë à l’issue de la finale de la saison 8 de « The Voice » diffusée jeudi sur TF1.
  • Lors d’une table ronde avec des journalistes, la chanteuse a répondu à chaud à sa victoire.
  • La jeune artiste, atteinte de fibromyalgie, redoutait que sa maladie puisse la « freiner » dans l’aventure.

Elle l’a emporté d’un cheveu. Avec 37.9 % des voix, contre 37.5 % en faveur de Clément, Whitney a remporté la huitième saison de The Voice diffusée en direct ce jeudi sur TF1. Les deux autres finalistes, Sidoine et Pierre Danaë ont, eux, respectivement glané 13.3% et 11.3% des suffrages du public. Quand, aux alentours de 1 h du matin, un journaliste lui apprend que seul 0.4 % sépare son score de celui de son dauphin, l’étudiante montpelliéraine répond que cela ne l’étonne pas. « Clément n’a pas démérité. C’est un des plus grand bosseurs que j’ai vus de ma vie », glisse-t-elle fasse aux médias venus recueillir sa réaction à chaud. Malgré la fatigue – en plus du stress qui retombe, elle a directement enchaîné par une séance photo avec Mika, son coach, et n’a pas eu de répit avant de répondre aux questions – elle joue le jeu de l’interview en table ronde. Plutôt que de livrer des paroles convenues, elle laisse sa spontanéité s’exprimer. Et c’est tant mieux.

Quand Nikos Aliagas a prononcé votre prénom en annonçant votre victoire, quelle est la première pensée qui vous est venue en tête ?

« What the fuck ? ! » [« C’est quoi ce bordel ? ! »] (Rires) J’ai entendu « Le gagnant de la saison est..» et je me suis dit que c’était fini pour moi parce que j’ai fait attention au pronom utilisé. Et puis Nikos a ajouté que c’était une gagnante. Je n’ai même pas pleuré alors que, d’habitude, je pleure à chaque dénouement. Mon cerveau s’est dit que je l’avais fait. J’ai fait 150 millions d’auditions avant d’arriver là, ça fait plus d’une annnée que je travaille pour cette émission. C’est fou. Je viens de capter qu’il y a quand même un an de ma vie qui vient de se dérouler devant moi.

Mika a dit que vous aviez passé plus de quatorze audition pour « The Voice » ?

Non ça, c’est Mika : je lui ai dit que j’en avais fait sept mais lui, il a retenu quatorze. Toujours dans l’abus celui-là (rires).

Mika a aussi révélé que vous aviez failli abandonner la compétition…

Cela commençait à devenir trop compliqué au niveau de ma santé. Avant le prime de la demi-finale [samedi dernier], j’ai fait ma plus grosse crise de fibromyalgie : je ne pouvais plus me lever, plus me baisser. On était obligé de me porter dans l’escalier, de me transporter en fauteuil roulant. J’avais ma béquille partout. Je ne pouvais rien faire, ça m’a déprimée, j’ai pleuré toute la journée. Je tournais de l’oeil, je n’en pouvais plus. Mika a fait en sorte que ça aille mieux, que je ressente de l’adrénaline pour repartir. Je lui ai fait confiance et ça a marché. Sinon, je serais sûrement rentrée chez moi. Je n’ai jamais été dans un état aussi grave, j’avais tellement mal partout que j’étais à deux doigts de faire des malaises. Je ne pouvais pas prendre de médicaments, car les effets secondaires auraient pu altérer ma voix. J’avais donc une pression encore plus énorme sur les épaules. Au final, ça m’a confirmé que la fibromyalgie, c’était rien du tout, que si je veux l’écraser avec mon pied, je le fais (sourire).

C’est aussi une victoire…

Oui, j’ai mené un double combat, celui de The Voice et celui contre moi-même, et j’ai réussi à gagner les deux. Je suis contente. Musicalement parlant, j’ai bien progressé et je ne pensais pas arriver à ce stade là. Je sais que, humainement, cette aventure apporte toujours quelque chose, mais je pensais que la maladie allait me freiner. Aux auditions à l’aveugle [tournées l’automne dernier], j’avais tout donné, je me disais que je ne voulais pas qu’on me prenne parce que j’ai un handicap. Je suis venue en talons, j’ai couru à droite à gauche et personne ne m’a rien dit. Personne ne le savait et puis l’hiver a commencé, les émotions ont changé, je ne pouvais plus cacher ma maladie alors j’ai fait mon coming out de la maladie (rire).

A quoi ressemblera votre premier album ?

A ce que je suis vraiment. Je suis musicienne depuis que je suis petite. J’ai commencé le violon à 6 ans, puis j’ai fait du piano, de la guitare et du ukulélé. Sur The Voice, je me suis vraiment concentrée sur la voix et ils avaient peur que je me cache derrière mes instruments. Mais je suis plus quelqu’un qui s’accompagne. J’ai des compositions qui trainent, j’écris des chansons depuis que j’ai 8 ans. Donc ce que j’ai envie de faire ou non commence à se dessiner dans ma tête.

Certains gagnants de « The Voice » ont sorti un album rapidement après leur victoire, d’autres ont préféré prendre davantage de temps. Qu’envisagez-vous ?

Je ne sais pas mais Mika me disait qu’il vaut mieux sortir un album quand on pense qu’il est prêt et non pas parce qu’il faut le sortir.

Vous êtes originaire du Vigan (Gard). La finale de « The Voice » a été retransmise là-bas sur un écran géant ce jeudi. Avez-vous un message pour les habitants de cette commune qui vous ont soutenue ?

Pour l’instant, tout ce que je peux leur dire c’est : « Merci ». Parce que je sais que, du fond du coeur, ils ont vraiment tout donné. Je crois qu’ils vont venir me taper avec des facture de hors forfait [en raison des votes surtaxés] et je suis désolée (rire). Tout le village est à fond, même le maire a un t-shirt pour me soutenir ! Il y a des affiches partout. RTS, la radio du sud, a installé un écran géant pour que tout le monde puisse voir la finale. Apparemment, la majorité du village y était. Je trouve ça touchant. Maintenant, j’ai envie de revenir mais, en même temps, j’ai peur parce que je ne sais pas comment ça peut se passer. Certains n’ont pas toujours cru en moi. Il y a eu des mauvaises langues qui racontaient, avant la diffusion de l’émission, que je m’étais faite éliminer à l’épreuve des K.-O – les rumeurs de village (sourire). Au fur et à mesure, tous ceux qui n’étaient pas forcément pour moi ont commencé à l’être, même ceux qui ne m’aimaient pas et mon toujours insultée – pour eux, j’étais « la casserole du Vigan ». Ils ont fini par m’envoyer des messages, par voter pour moi, et au final, j’ai l’impression que toute la négativité s’est transformée en positivité. Tout le monde est content en fait.

C’est encore une victoire…

Voilà, une victoire pour le village (sourire).

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