Wanderland, l’application mobile qui veut ouvrir la voie vers le métavers

Le métavers, c’est dans la poche. De jean ou de manteau, peu importe, tant que c’est celle où vous rangez votre smartphone, sésame vers ces nouveaux mondes virtuels. C’est en tout cas le parti de Soraya Jaber et Tina Nigro. Les fondatrices de la start up française Opuscope lanceront officiellement Wanderland début 2023 (mais une version bêta est d’ores et déjà disponible). Il s’agit d’un réseau social permettant d’insérer des objets virtuels dans le monde réel grâce à son téléphone portable, sans saisir une ligne de code.

Les deux entrepreneuses ont longtemps travaillé sur le développement des casques de réalité virtuelle. Avant de faire pause, découragées par le manque d’intérêt du grand public pour ces accessoires pointus. « Tant qu’ils ne ressembleront pas à des paires de lunettes classiques, l’adoption n’aura pas lieu », affirme Soraya Jaber, convaincue que le passage du physique au virtuel doit se faire en douceur.

Se réapproprier l’espace public

S’ils nourrissent leur lot de fantasmes, les métavers sont encore loin de faire partie de notre quotidien. La technique n’est pas seule à blâmer. « Les consommateurs ont besoin d’être ancrés au monde réel », considère Soraya Jaber. C’est pourquoi l’application Wanderland s’appuiera sur la réalité augmentée, comme Pokémon Go. Lors du premier test de l’application, un utilisateur a fait planer un tweet au-dessus de la place de la République, à Paris, à propos d’une manifestation qui avait lieu au même moment. Une réappropriation de l’espace public qui inspire. Ambassadrice de l’application, l’artiste Hermine Bourdin a de son côté inséré une sculpture arborant le drapeau de l’Ukraine devant l’ambassade de Russie.

Autre forme de combat, celui de la représentation et de la visibilité des minorités. Giselle Mota, créatrice du collectif NFTY qui œuvre pour l’inclusion des personnes sous-représentées dans le métavers à, quant à elle, choisi de disposer des NFT représentant des personnes en fauteuil roulant à l’entrée du salon VivaTech, en juin dernier. « Nous voulons permettre une réappropriation de l’espace public et montrer que des personnes issues des minorités participent à l’avènement de ce nouvel informatique », souligne Soraya Jaber.

Discord 3.0

Côté modération, l’application fonctionnera via des algorithmes, des forces humaines et une participation communautaire. « Cette troisième entité est primordiale, estime Stella Jacob, consultante sur les outils de modération dans les métavers. La communauté a une capacité à gérer de façon subtile et contextuelle les contenus, ce qui n’est pas le cas avec les intelligences artificielles et les personnes extérieures. » Un peu comme sur l’application de gestion de communauté Discord, où les usagers doivent accepter une charte de bonne conduite avant d’entrer sur un serveur.

Depuis sa sortie, Wanderland est disponible que sur iOS. Il faudra attendre l’année suivante pour la télécharger sur les appareils Android, plus nombreux et moins compatibles avec la technologie de l’application. Un signe qu’il est peut-être trop tôt pour un tel projet ? « Difficile de savoir si le public verra le lien avec le métavers, répond Stella Jacob. C’est en tout cas une des propositions qui fait le moins peur grâce à son ancrage dans le réel. »