Wall Street: Slack s’envole de 50% pour ses débuts et vaut 20 milliards de dollars

Les cofondateurs de Slack, Cal Henderson et Stewart Butterfield — Richard Drew/AP/SIPA

Alors que vous êtes peut-être en pleine bataille de GIF avec des collègues (ou de travailler, hein) sur Slack, ses cofondateurs ont touché le gros lot. La messagerie d’entreprises a flambé de près de 50 % pour ses débuts à Wall Street, clôturant à près de 20 milliards de dollars. Stewart Butterfield, qui avait déjà créé Flickr, est désormais milliardaire, et son compère Cal Henderson vaut près de 700 millions de dollars. Il s’agit de la troisième entrée en Bourse de l’année en termes de capitalisation boursière derrière Uber et Lyft.

« Il y a eu beaucoup de publicité autour des débuts de Slack, le démarrage en trombe n’est donc pas une surprise », ont réagi les analystes de Briefing. Le titre a également pu profiter d’une séance de forte progression à la Bourse de New York, l’indice S & P 500 ayant même atteint un record.
Cotation directe et pas IPO

L’entrée en Bourse de Slack sous le symbole « WORK » a revêtu un caractère particulier par sa procédure inhabituelle appelée la « cotation directe ». Contrairement à une « Initial Public Offering » (IPO) classique, la détermination du prix d’introduction en Bourse est le fruit d’une confrontation entre l’offre et la demande de titres Slack directement sur le marché.

Cette procédure est moins chère qu’une entrée en Bourse classique car elle permet d’éviter à l’entreprise de verser de lourds frais aux banques d’investissement pilotant les IPO classiques, de la recherche d’investisseurs à la détermination d’un prix avant la cotation.

Pas de nouvelles actions

Elle permet, par ailleurs, d’arriver sur les marchés sans avoir à lever de capitaux frais, et donc d’émettre de nouvelles actions, évitant ainsi de diluer la part du capital détenue par les actionnaires. En parallèle, elle offre à ces actionnaires la possibilité de vendre leurs participations s’ils le souhaitent.

Mais cela peut aussi signifier une entrée en Bourse moins bien ficelée, et donc de potentiels ratés le Jour-J. Cet écueil semblait évité pour le moment, à l’instar d’une autre entrée en Bourse de ce type l’an dernier : Spotify. « Ce chemin a historiquement été suivi par des entreprises beaucoup plus petites, avec comme stratégie de réduire leurs coûts » d’introduction, rappellent les analystes de Pitchbook.

Cette entrée en Bourse de Slack survient après l’arrivée remarquée cette année de nombreuses entreprises technologiques milliardaires, d’Uber à Zoom Video en passant par Pinterest. Ces entreprises ont toutefois suivi la voie classique pour s’introduire en Bourse, en levant notamment des capitaux.

Ces groupes ont largement participé au mouvement massif de levées de fonds lors des introductions en Bourse cette année à Wall Street. Au total, 34,5 milliards de dollars ont été levés depuis le début de l’année, en hausse de 14 % par rapport à l’an dernier à la même période, année déjà la plus prolifique en termes de levées de fonds depuis 2000, selon Dealogic.

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