Vos questions sur le coronavirus : Puis-je continuer à prendre mon traitement contre les allergies ?

L’arrivée des beaux jours n’est pas agréable pour tous… — Sierakowski / Isopix

Confinés en raison de l’épidémie de coronavirus, on regarde le printemps prendre ses quartiers depuis sa fenêtre. Une fenêtre qu’il est recommandé d’ouvrir régulièrement pour aérer son intérieur. Pas de quoi réjouir les asthmatiques et toute autre personne souffrant d’allergies. Ces dernières se trouvent en effet prises entre le marteau (le Covid-19) et l’enclume (la prolifération des pollens). Et nous demandent ce qu’il faut faire.

« Je suis allergique aux pollens et commence à être gênée. Puis-je prendre mon traitement d’antihistaminiques ou est-ce proscrit, comme les anti-inflammatoires en ce moment ? », Michèle

« J’ai des polypes nasaux, car je souffre d’allergies, je suis un traitement aux corticoïdes : est-ce considéré comme facteur aggravant face au Covid-19 ? », Eric

« Ma fille de 14 ans est allergique et doit faire des lavages de nez tous les jours et prendre du Rhinomaxil et de l’Aerius. Depuis hier, elle se plaint de maux de gorge et de tête, elle a en plus le nez pris. Doit-elle continuer à prendre ses médicaments ? », Fernandez

Voici les réponses que 20 Minutes a trouvées :

Mardi 24 mars, le groupe de travail asthme et allergies de la Société française d’allergologie (SFA) sur la prise en charge des asthmatiques pendant l’épidémie de Covid-19 a mis en ligne ses recommandations.

La SFA tient d’abord à souligner que, « dans l’épidémie actuelle de Covid-19, et d’après les données préliminaires dont elle dispose, les asthmatiques ne semblent pas surreprésentés ». Néanmoins, il n’existe pas de données spécifiques concernant les exacerbations d’asthme, a fortiori les exacerbations graves, en relation directe avec cette infection. De fait, « d’un point de vue théorique, il n’est pas exclu que l’infection par le nouveau coronavirus puisse être responsable d’une exacerbation d’asthme ».

Continuer à prendre son traitement… Quoi qu’il en soit, « les traitements de fond de l’asthme doivent être maintenus pendant la période de l’épidémie et adaptés pour que l’asthme soit parfaitement contrôlé », insiste la SFA. Notamment le traitement de fond « par corticoïdes inhalés, qui n’exposent pas à un risque d’infection virale respiratoire plus sévère ». Les corticoïdes ne sont pas des anti-inflammatoires non stéroïdiens, molécules associées à des formes plus graves d’infection par le Covid-19, précise la Société française d’allergologie.

Les biothérapies commercialisées (comme l’omalizumab, un anticorps) ou délivrées par l’ANSM via un ATU (pour autorisation temporaire d’utilisation), comme les solutions injectables type dupilumab, doivent aussi être maintenues, en gardant le rythme des injections prescrit. En effet, rappelle la SFA, « les biothérapies prescrites dans l’asthme ne sont pas immunosuppressives ». Ces médicaments peuvent « être injectés par le patient à domicile, s’il a été formé par un personnel soignant, pour éviter les déplacements vers des établissements de soins. »

La corticothérapie orale au long cours doit comme habituellement être poursuivie, à la dose minimale efficace pour contrôler l’asthme.

Même en cas de suspicion de contamination… Lors d’une exacerbation d’asthme fébrile, même avec suspicion d’infection par le Covid-19, il ne faut pas retarder l’administration des corticoïdes systémiques à la posologie habituelle (0,5 à 1 mg/kg). La durée de traitement habituelle (cinq jours) doit être maintenue, même si l’infection par le coronavirus est confirmée.

Enfin, « l’utilisation d’un nébulisateur [appareil transformant certains liquides en un nuage de particules extrêmement fines] à domicile, chez un patient suspect ou confirmé, doit donc être limitée au maximum. L’utilisation d’une chambre d’inhalation est à prioriser. »

A noter que l’Association Asthme & Allergies, qui a diffusé plusieurs communiqués depuis le début de l’épidémie pour faire le point sur les risques encourus par les personnes asthmatiques et/ou allergiques, a mis un place un numéro vert pour apporter des réponses aux questions les plus fréquemment posées.

Il est joignable au 0800 19 20 21. Par ailleurs, le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) continue à diffuser un bulletin allergopollinique, à consulter par ici.

Pour que vous y voyiez plus clair, 20 Minutes s’emploie à répondre à vos interrogations, que vous pouvez nous adresser en suivant la marche à suivre ci-dessous. Merci par avance (et prenez soin de vous) !

214 partages