Violences physiques et sexuelles dans les écoles catholiques lasalliennes : « On me pendait par les pieds »
Un collectif d’anciens élèves d’établissements du réseau catholique des Lasalliens s’est constitué pour dénoncer des violences commises entre 1955 et 1985 dans une vingtaine d’établissements. Depuis 2014, la congrégation a mis en place une cellule d’écoute et a enregistré « 72 saisines », dont 70 ont déjà permis le versement d’une indemnité financière « pour un montant total de 2.434.882 euros ».
« Des viols, coups, humiliations… » Un groupe d’anciens élèves d’établissements du réseau catholique des Lasalliens s’est constitué pour dénoncer des violences perpétrées il y a plusieurs décennies par des membres de la congrégation. Celle-ci affirme prendre ces accusations « très au sérieux ».
La congrégation, « consciente […] de la responsabilité qui lui incombe », a mis en place depuis 2014 une cellule d’écoute, chargée de recueillir des signalements et « d’accompagner » les victimes, selon son avocat, Matthias Pujos. Elle a enregistré « 72 saisines », dont 70 ont déjà conduit au versement d’une indemnité financière, « pour un montant total de 2.434.882 euros », conformément aux recommandations de la Commission reconnaissance et réparation (CRR) établie par l’Eglise.
Trois signalements déjà effectués
Depuis 2022, la congrégation a également procédé à « trois signalements en justice, […] auprès des procureurs de Besançon, Évry-Courcouronnes et Reims », concernant des faits impliquant des suspects encore vivants. Toutefois, les membres du collectif, principalement âgés de 50 à 70 ans, mettent en avant la majorité de faits qui sont désormais prescrits. Ces actes auraient eu lieu entre 1955 et 1985 dans une vingtaine d’établissements.
Ils évoquent des « violences physiques », « brimades, humiliations » et, pour « une grande partie » d’entre eux, des faits « d’attouchements, d’agressions sexuelles et de viols », commis par des religieux ou des enseignants laïques, dont la plupart sont décédés. Le collectif demande désormais que la Congrégation reconnaisse sa responsabilité dans des violences qu’il qualifie de « systémiques » et appelle à la création d’un fonds de réparation de 100 millions d’euros, tout en lançant un appel à témoins.
« Menacé de mort, violenté, ligoté »
À l’école lasallienne de Rouen, Philippe Auzenet, 73 ans, co-fondateur du collectif, témoigne : « Entre 7 et 9 ans, j’ai été menacé de mort, violenté, ligoté, on me pendait par les pieds, ils avaient des couteaux de boucher et menaçaient de m’arracher les yeux. Cela a bousillé ma vie. » Un second témoignage, celui d’une victime qui souhaite rester anonyme, fait état de « violences et d’attouchements » subis par des frères et des enseignants laïques à l’école/collège Saint-Augustin de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), entre 1969 et 1978.

