Violences à Washington : Des centaines d’inculpations attendues, des charges de « sédition » envisagées

Trump supporters gesture to U.S. Capitol Police in the hallway outside of the Senate chamber at the Capitol in Washington, Wednesday, Jan. 6, 2021. (AP Photo/Manuel Balce Ceneta)/DCMC310/21006779971682//2101062244 — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

« Le Capitole est une scène de crime. » Mardi, des responsables du FBI et du département américain de la Justice ont fait le point sur l’enquête tentaculaire ouverte après l’attaque contre le Congrès menée par des milliers de supporteurs de Donald Trump le 6 janvier. A ce stade, plus de 70 personnes ont été inculpées, et des « centaines » devraient suivre, avec des charges pour « sédition » envisagées, qui sont passibles de 20 ans de réclusion.

Le procureur fédéral de Washington, Michael Sherwin, a expliqué que si la plupart des charges étaient pour l’instant pour « intrusion » ou « vol de bien public », c’était pour aller vite. Selon lui, d’autres charges bien plus graves pourraient suivre, notamment pour « meurtre » et « sédition en bande organisée », alors que cinq personnes sont décédées lors des violences, dont un policier tabassé à coups d’extincteur.

L’homme suspecté d’avoir déposé deux bombes artisanales toujours recherché

Le FBI recherche toujours l’homme soupçonné d’avoir déposé deux « pipe bombs » devant les sièges des partis démocrate et républicain. Selon le responsable, il s’agissait de « véritables engins » comprenant une substance explosive et un détonateur. L’enquête doit déterminer s’il s’agissait d’une diversion pour occuper la police du Capitole au moment de l’assaut ou d’un projet « plus malfaisant ».

Une cellule composée de procureurs expérimentés dans les dossiers de sécurité nationale et de corruption a été formée pour préparer des poursuites de ce type, qui sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison, a-t-il dit. La police fédérale a immédiatement mobilisé des équipes pour identifier les participants à cet assaut grâce aux nombreuses photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux.

70 personnes ont déjà été inculpées, dont certaines figures du mouvement comme Jake Angeli, connu pour sa coiffe de bison, ou Richard Barnett, qui a posé les pieds sur le bureau de la cheffe démocrate au Congrès Nancy Pelosi.

Signes annonciateurs

Selon le Washington Post, un rapport interne du FBI avait tiré la sonnette d’alarme le 5 janvier sur de possibles risques d’actions violentes. Un internaute aurait notamment écrit sur un forum privé : « Soyez prêts au combat. Le Congrès doit entendre le verre se briser. Soyez violents. Préparez-vous à une guerre ». Mardi, le FBI a relativisé, expliquant qu’il était difficile de faire la différence entre de la provocation et des menaces sérieuses.

Désormais, tous les yeux sont braqués sur l’investiture de Joe Biden, qui se déroulera le 20 janvier. Un homme a été arrêté à Chicago pour des menaces contre le président-élu. Il a notamment laissé ce message sur le répondeur d’un élu dans le New Jersey : « On va encercler la Maison Blanche et on va tuer tous les démocrates posant le pied sur la pelouse. »

Après avoir banni Donald Trump, Twitter avait expliqué avoir détecté de nombreuses discussions sur de possibles actions violentes à venir. Dans ce climat tendu, les chefs d’état-major interarmées (Joint chiefs) ont envoyé un mémo à tous les militaires américains, mardi, dénonçant « une attaque directe contre le Capitole » et promettant de défendre la Constitution et l’investiture de Joe Biden. Si manifester pacifiquement est autorisé, rappelle le mémo, ce n’est pas le cas de « la violence, l’insurrection et la sédition ».

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