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Vingt ans après, la Tecktonik ne revient pas sans TikTok.

La Tecktonik, une danse électro aux mouvements rapides, a connu son heure de gloire entre 2006 et 2008. En ce début 2026, des vidéos virales sur TikTok montrent des jeunes et des moins jeunes reprendre les pas de la Tecktonik, accumulant des millions de vues avec des hashtags comme #Tecktonik et #Tektok.


On évoque un temps que les jeunes actuels ne peuvent pas connaître… Ce n’est pas celui de *La Bohème* mais celui de la Tecktonik. Une danse électro aux mouvements rapides et saccadés, qui a connu son apogée entre 2006 et 2008. Vingt ans plus tard, elle semble renaître sur les réseaux sociaux depuis quelques jours.

Si vous avez plus de 30 ans, vous vous rappelez probablement de ces soirées en discothèque où les danseurs, habillés de jeans slim fluo et de baskets montantes, agitaient les bras comme des robots au rythme de l’électro house. La Tecktonik, née dans des clubs parisiens comme le Metropolis, était plus qu’une simple danse : c’était un phénomène culturel avec ses codes vestimentaires (cheveux en crête, maquillage prononcé) et ses compétitions enflammées. À l’époque, des compilations comme *Tecktonik Killer* connaissaient un grand succès, et des artistes tels que Yelle fournissaient une bande-son incontournable avec des titres comme *À cause des garçons* remixé par Tepr.

## Le #Tektok démarre fort pour les nostalgiques

En ce début 2026, la nostalgie se fait sentir sur TikTok. Des vidéos virales montrent des jeunes (et des moins jeunes) recréant les pas emblématiques de la Tecktonik sur le même morceau de Yelle ou d’autres titres tout aussi iconiques pour les Milléniales, comme *Alive* de Mondotek. Une tendance qui semble transcender les frontières françaises, avec des hashtags comme #Tecktonik ou #Tektok accumulant des millions de vues. On peut même y voir Macron en justaucorps rose (enfin, l’IA).

« 2026 est le nouveau 2006 », peut-on lire dans la vidéo de Federico Ravazzi, qui propose une performance digne des plus grandes compétitions aux côtés de deux autres danseurs enjoués, ou encore « Le retour pour 2026 svp » demande Jeff the Raver, qui s’amuse à se souvenir des mouvements (ou plutôt des bras) les plus emblématiques de la Tecktonik.

D’autres vidéos, comme celles de Liz ou de Carlos Moya, cumulent déjà des milliers de likes en affirmant que « La seule solution c’est de danser finalement » et que « les problèmes se résolvaient comme ça à l’époque », accompagnées de commentaires nostalgiques évoquant les années 2000.

## Une Gen Z qui reprend les codes des années 2000

Mais pourquoi ce retour maintenant ? Si de nombreux internautes évoquent 2026 comme le nouveau 2016, il semble que l’on revienne bien avant avec une vague de revival des tendances Y2K qui semble interminable. Les réseaux sociaux aiment recycler les modes passées, et TikTok excelle dans ce domaine. À cela s’ajoute une pincée de « c’était mieux avant » afin d’échapper aux préoccupations du monde actuel. « Aujourd’hui, le retour se manifeste par le style vestimentaire : la Gen Z redécouvre les tendances des années 2000, et nous, on en rit parce qu’on a vécu cette époque. La musique techno et la danse reviennent en force, et le mouvement s’aligne parfaitement avec les tendances contemporaines », analyse William Falla, alias Treaxy, fondateur du mouvement de danse électro Tecktonik.

Pourtant, il perçoit cette vision d’un simple retour nostalgique comme réductrice. « C’est une histoire très complexe : le mouvement de danse électro est extrêmement riche. Ce n’est pas du tout un phénomène éphémère : il a évolué, s’est répandu à l’échelle mondiale et nous sommes restés très actifs. Un championnat du monde a eu lieu il y a à peine un mois ! » Il souligne : « Dire que le mouvement « revient à la mode » serait complètement faux. Nous assistons plutôt à un regain d’intérêt pour la danse électro dans son ensemble. »

## « On est restés un peu en sous-marin dans la culture populaire »

Derrière les moqueries de l’époque se cache un héritage culturel important. « Nous avons souvent été tournés en dérision, alors que c’est un mouvement 100 % français, très riche sur le plan culturel. Il a permis à la France de se décomplexer : en matière de style vestimentaire, d’orientation sexuelle et pour toutes les classes sociales. C’est regrettable, nous sommes toujours en proie à la critique permanente. Dès le début d’Internet et des réseaux sociaux, nous étions déjà présents. Depuis, il y a des compétitions partout dans le monde. Nous avons même été aux JO de Paris ! Nous sommes restés un peu dans l’ombre de la culture populaire », ajoute Treaxy.

Cependant, ce retour dans la culture populaire de la Gen Z enthousiasme son fondateur : « C’est une bonne chose que ça revienne. Je suis très heureux, mais je l’ai toujours su. Je veux simplement éviter que cela ne devienne une simple tendance éphémère, mais je sens que cela va arriver de toute façon. Des choses se passent actuellement, et c’est excitant. »

Mais est-ce un vrai retour ou juste un passage éphémère ? Des commentaires récents sous la vidéo officielle de Yelle sur YouTube évoquent déjà un « Tecktonik coming back » grâce à TikTok ; certains se remémorent 2009, d’autres découvrent la danse pour la première fois. Une chose est certaine : pour les pionniers comme William Falla, ce n’est pas une résurrection, mais une reconnaissance tardive d’un mouvement qui n’a jamais vraiment disparu.