VIDEO. Transat Jacques Vabre : « Ce ne sont plus des courses à la Tabarly », estime Thomas Ruyant

Thomas Ruyant et Antoine Koch en pleine navigation. — Pierre Bouras

  • Thomas Ruyant et Antoine Koch seront au Havre dimanche pour le départ de la Transat Jacques Vabre sur un bateau que le skipper nordiste a construit entièrement.
  • Son « bolide », aidé de foils, peut atteindre des vitesses folles.
  • Le navigateur de 38 ans suit une préparation physique importante pour supporter les charges et les efforts demandés par ce nouveau bateau.

La croisière ne s’amusera pas. Dimanche, au Havre, Thomas Ruyant (38 ans) prendra le départ avec Antoine Koch à bord de Advens for Cybersecurity de la Transat Jacques Vabre. Pour la première fois, le Nordiste sera à la barre d’un bateau qu’il a construit de A à Z. Un bolide construit autour des foils, ces appendices placés sur les côtés du monocoque qui donnent un pouvoir d’accélération jamais atteint depuis l’invention de la course au large. 33 nœuds, c’est la vitesse que le duo de skippers a atteinte il y a quelques semaines en préparation de la Jacques Vabre. « On augmente de 10 % la vitesse des bateaux, avoue Thomas Ruyant, qui reconnaît devoir porter désormais un casque de protection sur son bolide. Lors des premières sorties, on était avec Antoine hyper crispés, très tendus, les mâchoires serrées. Toujours sur le qui-vive. »

Une hausse de la vitesse qui a obligé le navigateur à équiper son monocoque de nombreuses alarmes. « On en a besoin pour assumer ces nouveaux rythmes. Aujourd’hui, on ne peut quasiment plus mettre le nez dehors. On est souvent à l’abri. On voit davantage notre sillage. Devant nous. c’est une muraille d’eau. » Au point de considérer que la voile ne se pratique plus de la même manière ? « C’est toujours le même sport, mais ce ne sont plus des tours du monde à la Tabarly. C’est un autre degré d’engagement. L’enjeu est de réussir à utiliser nos bateaux à 100 % pendant quatre-vingts jours… »

Une grosse préparation physique

Une vraie prouesse physique au regard du matériel qu’il faut déplacer sur le bateau. « On a une préparation physique particulière car il faut que le corps puisse encaisser des charges lourdes quand on manœuvre. » 800 kg de matériel doivent être trimbalés tout au long de l’épreuve sur le pont du bateau. Pour se préparer au mieux, Thomas et Antoine se sont offert un coach à raison de trois ou quatre séances par semaine. Des entraînements à base de « gainage, de musculation et de course à pied ». Mais rien ne remplace les sorties en mer pendant 24 h, à entendre le natif de Dunkerque.

Mais arrive-t-on encore à prendre du plaisir à naviguer sur ces machines de plus en plus rapides et exigeantes physiquement ? « Oui car on se dit maintenant qu’on est à la barre de l’un des bateaux les plus rapides au monde, qu’on arrive à le mener, qu’on arrive à être performant, rétorque Thomas, les yeux malicieux. Le plaisir n’est évidemment pas présent tout le temps, mais on vit aussi des moments de grâce. » Des aventures humaines grisantes et éprouvantes que l’environnement familial doit admettre. « Il faut qu’il y ait une acceptation familiale, ce sont des aventures engageantes, confesse ce père d’un garçon de 7 ans et d’une petite fille de 2 ans. Tout le monde doit être raccord. » Avec une femme rencontrée sur les pontons, c’est forcément plus simple pour Thomas Ruyant.

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