VIDEO. «Totoro», «Chihiro», projets perso… Joe Hisaishi parle de sa musique (et est en concert)

La magie de «Totoro» et des films de Hayao Miyazaki, c’est aussi la musique de Joe Hisaishi — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

Leurs noms sont indissociables. La chanson de fin de Totoro, le combat aérien de Porco Rosso, la nature reprenant ses droits dans Princesse Mononoke, le magicien Hauru contre les machines dans Le Château ambulant… Des scènes cultes de l’animation japonaise (du cinéma tout court ?) qui sont autant le fait du génie de Hayao Miyazaki que de la musique de Joe Hisaishi.

La collaboration d’une vie, unique et riche, sur laquelle le compositeur n’aime pourtant pas s’étendre : « Ma rencontre avec Miyazaki n’a rien de spectaculaire, une maison de disques nous a présentés et nous avons commencé à travailler ensemble. »

Le compositeur japonais Joe Hisaishi en concert à Hong Kong en 2006 Le compositeur japonais Joe Hisaishi en concert à Hong Kong en 2006 – KIN CHEUNG/AP/SIPA

« Je ne m’intéresse que peu à la musique que j’ai déjà composée, ajoute le chef d’orchestre et pianiste de 68 ans. Je me focalise sur les projets à venir, j’essaie de donner le meilleur de moi-même. » Il faut dire que ses bandes originales des films de Miyazaki, bien que les plus connues, ne sont qu’une partie de son oeuvre.

Il a également composé pour des séries, des jeux, des films, le réalisateur Takeshi Kitano, et surtout pour lui-même, avec une trentaine d’albums solo. C’est ce large spectre qu’il est venu faire découvrir au public français avec une série de concerts symphoniques à la Philharmonie de Paris les 9 et 10 janvier. Et oui, il y jouera du Miyazaki, un peu, avec une suite autour du Voyage de Chihiro. 20 Minutes était aux répétitions et a rencontré le maestro pour évoquer ses oeuvres.

« Mon voisin Totoro »

Peut-être le film le plus iconique du studio Ghibli, au point de devenir son logo, Mon voisin Totoro suit deux soeurs à la rencontre du Totoro, cette créature aimante et dodue qu’on a tous eu un jour envie de serrer dans nos bras. Le spectateur, lui, est emporté dans un univers doux et poétique au son de la musique de Joe Hisaishi et jusqu’à ce que retentisse la fameuse mélodie de Tonari no Totoro entonnée par un chœur d’enfant.

Un classique chez les écoliers japonais et le meilleur remède à la mélancolie. « Je m’occupe de la composition de la musique mais pas des paroles même si je donne mon avis de temps en temps, commente Joe Hisaishi. Après, j’avoue avoir énormément de chance que beaucoup de monde apprécie mes compositions, mes chansons. J’essaie d’y mettre toute mon âme, donc si le résultat rend des gens heureux… je le suis aussi. »

« Le Voyage de Chihiro »

Le Voyage de Chihiro de Hayao Miyazaki raconte les aventures d’une fillette qui se rend par mégarde dans un monde parallèle où elle côtoie des esprits, des sorcières, des monstres et autres créatures fantastiques. C’est ce film que le compositeur a choisi de jouer et revisiter sur scène : « Parmi toutes les œuvres que j’ai composées pour le studio Ghibli, j’ai pris Le Voyage de Chihiro par pragmatisme. (Rires) Je fais énormément de tournées dans plusieurs villes au Japon et en Asie. L’année dernière, j’ai décidé de recomposer une suite à partir des musiques de Chihiro et je suis arrivé à 28 minutes de musique. Je me suis dit que ce serait compatible avec une version orchestrale et le bon équilibre avec l’autre gros morceau du concert, ma symphonie The East Land de 45 minutes. »

« Je suis à la recherche de merveille et de splendeur dans la musique »

The East Land est la dernière de Joe Hisaishi, une symphonie minimaliste et contemporaine sortie en août 2017 sur l’album Minima Rhythm 3. « Ce qui compte pour moi lorsque je compose, c’est la logique, pas l’émotion. Je ne cherche pas à provoquer quelque émotion chez ceux qui m’écoutent. Je suis plutôt à la recherche de merveille et de splendeur dans la musique », confie le musicien.

Merveille et splendeur qu’il trouve dans ses propres compositions ou dans les bandes originales, même si les deux exercices ne sont pas les mêmes. « C’est fondamentalement différent, renchérit le maître. Sur mes compos personnelles, je suis seul et donc plus libre. Un film ou une série, il s’agit avant tout d’une collaboration, et même quand une mélodie me semble parfaite, elle doit plaire aussi à l’auteur-réalisateur, sinon je dois recommencer. Mais cela permet d’atteindre une autre perfection. Je dois donner le maximum, le meilleur. »

Pour les fans qui n’ont pas pu réserver leur place à l’un des concerts (complets), une rencontre en entrée libre avec le compositeur est prévue dimanche à 15 heures.

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