VIDEO. Méditerranée : L’expédition « Septième continent » part à la traque du fléau des nanoplastiques

La goélette de l’expédition Septième continent. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

  • Une équipe de chercheurs a embarqué sur la goélette mise à leur disposition par l’ONG « Septième continent ».
  • Ils vont tenter de mieux comprendre l’ampleur de la catastrophe écologique dans la mer la plus polluée au monde et surtout les conséquences de ces microparticules pour les êtres vivants
  • Les échantillons seront prélevés sur l’eau, mais aussi dans l’atmosphère et sous l’eau, jusqu’à 150 mètres de profondeur.

A bord d’une goélette de 26 mètres, les huit scientifiques et membres d’équipage de l’expédition « Septième continent » s’apprêtent à traquer le plastique. Le bateau a levé les amarres ce lundi matin du port de Sète, direction le cœur de la Méditerranée, entre Baléares et Sardaigne. « Le but de la mission scientifique est d’amener un éclairage encore plus précis sur les nanoparticules et le plastique dans les océans », détaille Patrick Deixonne.

Cet explorateur, navigateur et fondateur des expéditions « Septième continent », a entrepris il y a dix ans d’alerter le monde sur le fléau du plastique. « Il n’y a pas d’îles de déchets, car ce plastique se fragmente. On est face à une soupe de microparticules de plastiques. On a besoin de la montrer au grand public, qui pense qu’on peut nettoyer les océans avec de gros filets. Ce plastique dans les océans est trop microscopique. On ne peut pas le ramasser. »

« A cette taille, les particules de plastique traversent les membranes des animaux »

« On descend à l’échelle du nanomètre, souligne Alexandra Ter Halle, physico-chimiste dans un laboratoire du CNRS à Toulouse. Des particules à cette échelle vont interagir de façon spécifique et traverser les membranes biologiques des animaux qu’elles vont contaminer, puis voyager dans tout l’organisme. Leur transfert dans la chaîne alimentaire et à la génération suivante a été démontré. »

A bord, l’équipe de spécialistes est pluridisciplinaire. Un laboratoire est installé pour traiter les prélèvements réalisés grâce aux filets, mais aussi une mini-rosette qui explorera la mer jusqu’à 150 m de profondeur. « C’est l’une des originalités de cette mission, détaille Yann Ourmières, océanographe à l’institut méditerranéen d’océanographie. Les prélèvements se font généralement en surface. Là, on va plus profond. La zone a été choisie exprès. C’est une zone frontale avec des luttes de masses d’eau très différentes, au sud très chaudes et au nord très froides. »

« Quatre fois plus de plastiques en concentration en Méditerranée que dans le Pacifique »

Les recherches sont menées à la surface, sous l’eau, mais aussi au-dessus. « Nous voulons savoir s’il y a du microplastique dans l’atmosphère et à quelle échelle », explique Pierre Amato, biologiste à l’institut de chimie de Clermont-Ferrand. La Méditerranée est considérée comme la mer la plus polluée du monde.

« Il y a quatre fois plus de plastiques en concentration que sur le septième continent dans le Pacifique, souligne Jean-François Ghiglione, directeur de laboratoire à observatoire généalogique de Banyuls-sur-Mer. En tant que scientifiques, nous avons un rôle de lanceur d’alerte de ce qu’on voit en mer. Et c’est assez édifiant. »

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