VIDEO. Le vin n’est «pas un alcool comme les autres»: Les médecins indignés après les propos du ministre de l’Agriculture

Didier Guillaume, le nouveau ministre de l’Agriculture, le 17 octobre 2018. — AFP

De nombreux médecins spécialistes des addictions se sont indignés, ce mercredi, sur les réseaux sociaux, après les propos de Didier Guillame. Invité sur le plateau de BFMTV, le ministre de l’Agriculture a déclaré que le vin n’était « pas un alcool comme les autres ».

« Je ne crois pas que le vin soit un alcool comme les autres », a expliqué Didier Guillaume, avant d’ajouter : « L’addiction à l’alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le binge drinking, etc. C’est dramatique, mais je n’ai jamais vu, à ma connaissance, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit, et qui est saoul, parce qu’il a bu du côtes-du-rhône ». Pour le ministre, les jeunes boivent plutôt « des mélanges » ou « de l’alcool fort ».

« Tous les médecins vous invitent à faire un tour aux urgences un soir de feria »

Ces déclarations ont d’autant plus mis le feu aux poudres qu’elles interviennent une semaine après la présentation d’un plan gouvernemental contre les addictions déjà très critiqué par les spécialistes à propos de son volet alcool. « Quel aveuglement ! M. Guillaume, tous les médecins vous invitent à faire un tour aux urgences un soir de feria ou de beaujolais nouveau. Pour être plus précis, il y a tous les jours des comas éthyliques au vin », a réagi sur Twitter le professeur Michel Reynaud, addictologue et président du fonds Actions addictions.

« Contrairement à ce que prétend le ministre de l’Agriculture, les études démontrent que les jeunes se saoulent avec du vin (18 %) ou du champagne (25 %) selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le vin est aussi un alcool comme les autres pour se saouler », a déclaré de son côté Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), lui aussi sur Twitter.

La conseillère Agriculture de l’Elysée, ancienne déléguée générale du lobby du vin

« Il faut lutter contre toutes les addictions, mais il faut éduquer les Françaises et les Français et la jeunesse au bon, au beau », a ajouté le ministre, avant d’enfoncer le clou : « Il faut éduquer à boire un verre de vin, pour savoir ce que c’est ». Des déclarations qui tranchent avec une des études sur lesquelles s’appuie le plan gouvernemental, selon laquelle « faire goûter de l’alcool à un enfant pourrait avoir pour effet d’augmenter la consommation de boissons alcoolisées à la fin de l’adolescence ».

Des acteurs de la lutte contre l’alcoolisme ont dénoncé ces derniers mois la présence d’Audrey Bourolleau au poste de conseillère Agriculture de l’Elysée. Elle était déléguée générale du lobby du vin avant de rejoindre Emmanuel Macron. « Il y a au gouvernement et surtout à l’Elysée des gens qui ont décidé de soutenir la viticulture », avait réagi Michel Reynaud, lors de la présentation du plan contre les addictions, déplorant l’absence de « mesures structurellement efficaces » et notamment pour agir sur le prix de l’alcool.

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