VIDEO. Jean Dujardin: «Un tournage, c’est comme un bain chaud»

Jean Dujardin et Adèle Haenel dans «Le Daim» de Quentin Dupieux — Diaphana Films

  • Jean Dujardin incarne un homme frappé de folie homicide dans la comédie noire « Le Daim » de Quentin Dupieux.
  • L’acteur, qui avoue avoir toujours aimé participer à des projets décalés et ambitieux, compare le blouson en daim qui obsède son personnage au métier d’acteur qui lui permet de s’isoler du monde pendant ses tournages.
  • Il évoque le tournage de «J’accuse» de Roman Polanski dont il ne veut pas commenter la vie privée.

Jean Dujardin incarne un fou dangereux dans Le Daim de Quentin Dupieux. Cet homme obsédé par le blouson en daim qu’il a acquis à grand prix décide que plus personne ne doit porter de blousons au point de finir par tuer tous ceux qui outrepassent cette règle. C’est à Cannes, où le film était présenté à la Quinzaine des réalisateurs, que le comédien a accordé à 20 Minutes un entretien express…

Que représente son blouson de daim pour votre personnage ?

Ce blouson, le héros le considère presque comme un être vivant, comme le jouet adoré auquel un enfant parle et qu’il fait participer à ses aventures. Il a le sentiment que ce blouson le protège du reste du monde et c’est pour cela qu’il est si important à ses yeux.

Le métier d’acteur vous protège-t-il de la même façon ?

Un tournage, c’est un peu comme un petit bain chaud, quelques semaines passées hors de la vraie vie, où l’on n’a pas à vider les poubelles, où l’on n’est pas chahuté par le monde extérieur. Le retour à la réalité peut piquer un peu…

Accepter le film de Quentin Dupieux, c’est l’envie d’une expérience différente ?

Des expériences différentes, j’en fais depuis quinze ans et j’ai l’impression que les gens le remarquent seulement maintenant ! Sur le papier Brice de Nice, The Artistet même OSS117 n’étaient pas des films commerciaux. Le premier raconte l’histoire d’un surfeur qui attend une vague à Nice, le second une comédie muette en noir et blanc et le troisième un pastiche décalé : plein de raisons de se planter !

Vous avez donc toujours été attiré par le cinéma expérimental ?

Bien sûr, mais personne ne me prenait au sérieux parce que je viens de la télé et que certains de ces films ont finalement fait des cartons imprévisibles. Travailler avec Quentin Dupieux était logique. Essayer des choses nouvelles doit faire partie de la définition de l’acteur. Je ne veux pas tomber dans l’addiction aux entrées, ni me laisser piéger par une image. Comme tout le monde, j’aime avoir du succès mais je ne veux rien m’interdire.

Comme de tourner avec Roman Polanski dans son film sur l’affaire Dreyfus ?

Jouer l’officier qui défend Dreyfus dans J’accuse a été une expérience incroyable. A 86 ans, Roman Polanski m’a bluffé par son énergie et son intelligence. Il n’est pas question de jouer au con avec lui. Qu’il vente ou qu’il pleuve, il est sur le pont comme si le film était déjà monté dans sa tête. Je suis très curieux de voir le résultat.

Etes-vous prêt à vous exprimer sur la polémique qu’implique l’affaire Polanski ?

Je me prépare à ce qu’on me pose des questions sur ce sujet mais j’ai une réponse toute prête : « Je ne veux pas parler de l’affaire Polanski, mais de l’affaire Dreyfus et de la résonance qu’elle peut avoir aujourd’hui ». Je m’en tiendrai à cela au moment de la sortie du film.

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