VIDEO. Japan Expo 2019: «Manga, théâtre… Le cosplay permet d’allier toutes mes passions»

Maëva alias Melizenn est cosplayeuse depuis 10 ans, et son costume de Bayonetta, d’après le jeu éponyme, est peut-être son préféré — Kaicom

  • Japan Expo fête ses 20 ans du 4 au 7 juillet du parc des expositions de Paris-Nord Villepinte.
  • « 20 Minutes » en profite pour revenir dans une série d’articles sur la passion des Français pour la culture japonaise : sentai, cosplay, classic gaming, robots géants…
  • Maëva, alias Melizenn, raconte sa passion pour le cosplay, qu’elle pratique depuis dix ans.

Du 4 au 7 juillet, Japan Expo fête ses 20 ans. Un chiffre rond, symbolique… et tant de chemin parcouru depuis les petits locaux de l’école Epita aux 150.000 m2 du parc des expositions de Villepinte, des premiers 3.000 visiteurs aux presque 250.000 fidèles chaque année. En deux décennies, Japan Expo s’est imposée non seulement comme le rendez-vous incontournable des fans de mangas et de japanime, mais également comme le festival de toute la culture japonaise.

Une culture qui passionne depuis longtemps les Français : jeux vidéo, J-Pop, traditions, sports, arts de vivre, super sentai ou encore le cosplay, avec The Greatest Cosplay Show, un défilé anniversaire, et la finale de l’European Cosplay Gathering. 20 Minutes a rencontré Maëva alias Melizenn, 28 ans, développeuse web le jour, et héroïne de mangas, jeux, animés… les autres jours.

Qui dit cosplayeuse, dit fan du Japon, de japanime et de mangas ?

Pas forcément. Il faut rappeler que le cosplay vient des Etats-Unis. Ce sont les Américains qui ont inventé le concept, même si le terme de «cosplay » est, lui, né sous la plume d’un journaliste japonais. Beaucoup de cosplayeurs sont ainsi fans de culture américaine : comics, super-héros, etc. Mais en France, le cosplay est lié à l’avènement de la culture japonaise. C’est mon cas. J’étais fan de japanimation et de manga, et c’est ce qui m’a amené au cosplay. Il y a dix ans maintenant. Je faisais également du théâtre, étais bricoleuse et aimais les activités manuelles. Le cosplay s’est imposé comme un moyen d’allier toutes ces passions.

Quel a été le déclic, le premier costume ?

J’avais prévu de me rendre à mon premier Japan Expo en 2009 et de participer à un défilé spécial Clamp, un groupe de femmes mangakas que j’admire. Malheureusement, je n’ai pas pu aller, j’ai dû attendre l’année suivante, mais j’ai fini mon costume pour les Utopiales de Nantes la même année. J’ai ainsi participé à mon premier concours de cosplay, et terminé troisième en solo. Mon costume s’inspirait de Kiishim, une méchante du manga Tsubasa Reservoir Chronicle, aperçue dans deux chapitres et absolument pas connue. Mais j’aimais sa personnalité et son esthétique, et j’ai voulu lui rendre hommage.

Combien ont suivi ? Comment choisissez-vous l’univers, le personnage ?

Le cosplay est tout de suite devenu une passion. J’ai toujours un costume en route, et certaines années, j’ai été jusqu’à en faire un par mois. Maintenant que je ne suis plus étudiante, je suis revenu à un rythme plus calme, aussi parce que mes costumes sont plus ambitieux, demandent plus de travail et de temps. Le choix est très personnel à chaque cosplayeur, et dépend de beaucoup de choses. Certains se focalisent exclusivement sur un personnage ou une série, d’autres privilégient la tenue rien que la tenue, ou forment un groupe de cosplay avec des amis.

Moi, j’ai fait un peu tous les cas de figure. Quand j’ai commencé, j’étais surtout influencé par la japanime et des séries comme Sailor Moon, Evangelion… Puis je me suis ouvert à d’autres univers, d’autres médias. J’ai ainsi un costume de Blanche Neige, mais pas celui du dessin animé Disney, il s’agit d’une réinterprétation historique.

Existe-t-il des cosplayeurs professionnels ?

Pour ma part, le cosplay reste un loisir, même si cela me permet de voyager dans toute la France. Je suis invité pour juger des concours, animer des conférences, et parfois participer à des animations d’éditeurs de jeux vidéo. Rares sont les cosplayeurs qui arrivent à en vivre, ou alors avec ces animations et opérations d’éditeurs et avec la vente de costumes. Mais c’est encore nouveau, marginal.

Quel sera votre costume pour Japan Expo 2019 ? Et quel est votre préféré ?

Mon costume Japan Expo est issu du film Casse-Noisette et les Quatre Royaumes, pour un cospay de groupe avec deux amis. Quant à au costume dont je suis le plus fier, ce n’est pas forcément le plus compliqué ou le plus réussi, mais c’est celui qui me touche le plus :  Bayonetta. C’est un personnage de jeu vidéo que j’aime beaucoup, à la fois sexualisé et féministe. Et le costume est esthétiquement intéressant, mélange plusieurs techniques : une combinaison en similicuir, de la broderie, des accessoires en impression 3D… J’ai appris beaucoup avec ce costume. J’apprends toujours de nouvelles choses, c’est ce qui est passionnant.

Comment le public perçoit les cosplayeurs, en France et au Japon ?

Le seul mépris que j’ai pu ressentir est venu des médias français. Ils renvoyaient souvent une image négative du cosplay, nous présentaient comme des enfants, ou des adulescents, perdus dans leur syndrome de Peter Pan. Alors qu’il s’agit d’un loisir complet, qui demande des compétences. Heureusement, c’est mieux depuis deux-trois ans. Le grand public, lui, a toujours été très accueillant, même des publics moins initiés, plus familiaux. Il y a une grande curiosité, un besoin de comprendre, une envie d’échanger. J’ai fait des rencontres géniales avec des personnes âgées, enchantées de voir des jeunes se mettre à la couture ou à la broderie.

Le cosplay réunit des gens de milieux très différents, créé des liens forts, autour d’un même amour des univers imaginaires. Au Japon, le cosplay se vit différemment. Peu font leurs costumes, ils les achètent tout faits. Les Japonais savent que la France aime le cosplay, elle participe depuis le début au World Cosplay Summit à Nagoya, mais ils sont toujours surpris par la popularité de certains univers mangas parmi les cosplayeurs.

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