VIDEO. Grand débat à Souillac: Emmanuel Macron appelé «à ne pas bluffer»

Emmanuel Macron face à 600 maires lors d’un grand débat à Souillac (Lot), le 18 janvier 2019. — AFP

Pas de « bluff ». « Je vous mets en garde, monsieur le président : il ne faudra pas que ce débat devienne le grand bluff ! », a averti ce vendredi le président de l’association des maires ruraux du Lot, Christian Venries, au début de la discussion dans la petite ville de Souillac. « J’espère que vous n’êtes pas dans la posture du « dites-moi de quoi vous avez besoin, je vous expliquerai comment vous en passer », a lancé Christian Venries au chef de l’Etat, qui prenait des notes, assis au premier rang.

« Je suis un pragmatique, il n’y a pas de tabou », a affirmé le chef de l’Etat, en se disant ouvert à des aménagements sur certaines décisions, comme les 80 km/h. Mais il a de nouveau défendu la suppression de l’ISF, l’une des premières revendications des « gilets jaunes ». « Ce n’est pas un sujet entre les riches et les pauvres, c’est : est-ce qu’on veut aider à créer des emplois ? », selon lui.

Emmanuel Macron a également récusé les accusations de mépris, liées souvent à ses petites phrases : « Je m’en accommode (…), mais j’ai ma vérité, ma sincérité… Je suis profondément attaché à chacun de nos concitoyens ».

« Je ne suis pas sourd, c’est pour ça que je vais au contact »

Venus des quatre coins de l’immense région d’Occitanie, les maires l’ont interpellé sur l’affaiblissement des services publics dans les campagnes. « L’internet  haut débit et la 4G font défaut », a dénoncé Agnès Simon-Picquet, maire des Junies. Interrogé par un maire ariégeois, Emmanuel Macron a défendu la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées car « nous devons préserver la biodiversité », mais s’est dit ouvert à des aménagements locaux.

Il a par ailleurs affirmé que l’immigration faisait « partie du débat » mais que c’était « une erreur de l’aborder par l’intermédiaire du terrorisme », répondant à des propos virulents de la maire LR de Montauban (Tarn-et-Garonne), Brigitte Barèges. Elle a aussi regretté que, « par le biais de l’Aide médicale d’Etat, soit un milliard d’euros par an, un étranger (puisse) se faire rembourser tous ses soins à 100 % ».

Comme mardi dans l’Eure, le chef de l’Etat a effectué avant ce rendez-vous une visite surprise, cette fois dans une école née du regroupement de plusieurs communes à l’initiative des parents. A la sortie de l’école, le président a longuement échangé avec une étudiante infirmière, qui l’a interpellé sur le handicap, et des retraités. « Je ne suis pas sourd, c’est pour ça que je vais au contact », a répondu le président à un artisan.

Souillac sous tension toute la journée de vendredi

La ville avait été placée sous très haute sécurité. Ce qui n’a pas empêché des dizaines de manifestants – « gilets jaunes », retraités locaux et jeunes masqués – de venir protester : « Manu, arrête tes « macronneries », tu ne vas pas réussir à nous endormir avec ton grand débat », clamait une banderole des « « gilets jaunes » aveyronnais en colère ».

Le matin, des heurts ont opposé les manifestants aux forces de l’ordre, qui les ont repoussés, parfois à coups de matraque, et procédé à deux interpellations.

Le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a dénoncé cette situation : « Nous voyons 600 personnes, nos élus locaux, des braves gens, en écharpe. Au milieu un type qui répond aux questions. Et tout autour, 1.200 policiers. Et pas un seul « gilet jaune » ! »

Une nouvelle rencontre avec des élus est prévue le 24 ou le 25 janvier, dans un lieu que l’Elysée doit annoncer prochainement.

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