VIDEO. Festival de Cannes: Pourquoi «Atlantique» fait figure de miracle de cinéma

Mati Diop (au centre), en conférence de presse pour son film Atlantique — S.LEBLANC / 20 MINUTES

  • « Atlantique » est bien plus qu’une fable sur les migrations
  • C’est une fable poétique mâtinée de suspense et de cinéma fantastique
  • La Franco Sénégalaise Mati Diop signe un film très réussi, que « 20 Minutes » verrait bien figurer au palmarès

De notre envoyé spécial à Cannes, Stéphane Leblanc

Deuxième grosse sensation en compétition au festival de Cannes : Atlantique de la Franco Sénégalaise Mati Diop, est bien plus qu’une fable sociale ou politique sur les migrations venues d’Afrique. C’est une perle délicate et rare qui traite son sujet avec une dimension mythologique et fantastique. 

De quoi séduire un jury ouvertement en quête d’une perle rare. 20 Minutes liste les arguments qui permettent de penser que ce film pourrait figurer au palmarès.

« Atlantique » est le premier film d’une femme noire africaine en sélection à Cannes

Un film de femme, noire et africaine de surcroît, en compétition, cela n’était jamais arrivé et c’est le premier argument auquel on pense. Parce qu’il est imparable. Mais pour qu’Atlantique puisse espérer figurer au palmarès du Festival de Cannes, ce n’est heureusement pas le seul.

« Je suis responsable de mon film en tant que réalisatrice qui porte cette histoire depuis des années, estime Mati Diop. Mais je ne suis pas responsable de sa sélection à Cannes, même si c’est quelque chose d’énorme et même si c’est effectivement incroyable que la sélection d’une femme noire africaine n’arrive que maintenant en 2019. »

« Atlantique » est un drame poétique sur les migrations

Un sujet d’actualité brûlant ? Cela ne suffit évidemment pas pour en faire un bon film. De la même façon que le Franco-Malien Ladj Ly propose avec Les Misérables un film coup de poing sur les tensions dans les quartiers d’Ile de France, la Franco Sénégalaise Mati Diop a éprouvé au contraire « le besoin de retourner à ses origines africaines pour proposer, de là-bas, un regard différent de celui que les médias portent sur les migrations ». Et raconter les espoirs que de telles traversées suscitent chez ces jeunes, très nombreux, qui fuient le chômage avec la perspective d’un avenir meilleur.

« Atlantique » est une fable entre polar et fantastique

Telle Shakespeare dans Romeo et Juliette, Mati Diop s’est choisi un couple d’amoureux emblématiques : jeune fille promise à un autre issu d’une famille aisée, garçon qui, de dépit, va tenter de traverser un océan qu’il ne voit pas comme un obstacle, mais comme « une force surnaturelle complice de son départ en mer ». Il y a ensuite dans le film des événements inexpliqués, des incendies sans départ de feu, une enquête policière, une histoire de vengeance contre un exploiteur sans scrupule et les esprits des naufragés qui reviennent en prenant possession du corps des vivants…

Mati Diop reconnaît l’influence sur elle de cinéastes plasticiens comme le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Comme lui, elle croit aux histoires de fantômes. Celle-ci en est une, que la jeune cinéaste raconte avec grâce et talent.

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