VIDEO. Eclosion d’un papillon à moitié mâle, à moitié femelle : « Un individu scindé en deux, c’est un extrêmement rare »

Ce Papilio lowi d’Asie du sud-est, est atteint de gynandromorphisme, c’est-à-dire qu’il est à moitié mâle, à moitié femelle. — Exotik Park

  • Exotik Park est un nouveau zoo-insectarium qui vient d’ouvrir à Lescar (Pyrénées-Atlantiques).
  • Son directeur Guillaume Darzacq a assisté lundi à l’éclosion d’un papillon à moitié mâle, à moitié femelle.
  • Il s’agit d’un cas de gynandromorphisme, présent chez certains insectes, oiseaux et crustacés, extrêmement rare.

Guillaume Darzacq, directeur du zoo Exotik Park à Lescar près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), a fait la découverte lundi d’un papillon gynandromorphe, c’est-à-dire que sa moitié droite est un mâle et sa moitié gauche est une femelle. Ces anomalies s’observent chez certains papillons, mais aussi chez des crustacés ou des oiseaux. Contacté par 20 Minutes ce mercredi, il nous raconte sa trouvaille…

Pouvez-nous raconter votre découverte ?

Nous avons ouvert un zoo le 28 septembre dernier à Lescar près de Pau, et au cœur de celui-ci il y a un vivarium et un insectarium qui présente des insectes tropicaux, et notamment des papillons. Nous avons des éclosions à peu près tous les jours et parmi elles, nous avons constaté lundi celle d’un papillon qui n’était pas symétrique. En regardant de plus près, on s’est aperçu qu’il s’agissait d’un phénomène de gynandromorphisme, c’est-à-dire qu’il est à moitié mâle et à moitié femelle. Ce n’est pas simplement un individu hermaphrodite, mais un individu scindé en deux ! C’est un phénomène connu de la communauté scientifique, mais il reste extrêmement rare. Surtout, on ne s’attendait pas à tomber sur pareil cas après seulement un mois d’ouverture.

Vous êtes absolument formel sur le fait qu’il s’agit bien d’un cas de gynandromorphisme ?

Sans aucun doute. Le spécimen est coupé en deux, avec la moitié droite mâle, et la moitié gauche femelle. Chez cette espèce d’Asie du sud-est, Papilio lowi, ça se voit très bien, car la femelle est grande, marron et rouge, et le mâle est beaucoup plus petit et noir, et là on a une grande partie marron et rouge et une petite partie noire.

Et il s’agit donc d’un cas extrêmement rare ?

Il y a peu de cas avérés et reconnus en parc et en présentation publique. A ma connaissance, il y a eu un spécimen au Museum d’histoire naturelle de Londres en 2011 et un aux Etats-Unis en 2015, même s’il y a probablement beaucoup plus de cas que cela, car ce sont des animaux qui sont très nombreux et qui se reproduisent beaucoup. Mais en captivité c’est rarissime. Et en France je n’ai rien trouvé, ce qui ne veut pas dire que ce n’est jamais arrivé.

Cette découverte doit-elle maintenant être validée scientifiquement ?

Je ne suis pas un scientifique « reconnu », mais je suis biologiste de formation et spécialisé en entomologie depuis plusieurs années, c’est quand même mon métier. Il est possible maintenant qu’un chercheur reconnu veuille venir valider cette découverte, même si encore une fois elle ne souffre aucune contestation. Un entomologiste du muséum national d’histoire naturelle m’a d’ailleurs déjà contacté via les réseaux sociaux où il a pu voir ma vidéo, et il m’a demandé de surtout bien conserver le spécimen.

En revanche, il n’a malheureusement pas survécu ?

Il était en droit d’espérer cinq jours de vie, il n’en a eu que deux le pauvre, en raison d’une malformation à la trompe. Nous avons un musée entomologique dans le zoo, dans lequel nous avons à peu près 10.000 spécimens, et nous allons lui réserver une place de choix bien entendu. Et surtout nous avons pu le filmer vivant, ce qui est extraordinaire, car généralement nous les voyons mort.

Un papillon mi-mâle mi-femelle au Muséum de Londres

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