VIDEO. Coronavirus : Corriger Trump sans le braquer, le difficile exercice d’équilibriste du Dr Fauci

Le Dr Anthony Fauci aux côtés de Donald Trump lors d’un briefing sur le coronavirus le 25 mars 2020. — Maison Blanche

  • Le Directeur de l’institut national des maladies infectieuses a rejoint la Task Force de la Maison Blanche sur le coronavirus le mois dernier.
  • Face au scepticisme et aux imprécisions de Donald Trump, il doit parfois corriger le président américain.
  • Il garde pour l’instant les faveurs du président américain mais a fait l’objet de menaces de mort en ligne.

Le 23 mars dernier, alors que Donald Trump fait son briefing quotidien, c’est la panique sur Twitter : « Mais où est le docteur Fauci ! ? » Fausse alerte : l’infectiologue, qui est devenu aux Etats-Unis le visage rassurant lors de cette crise du coronavirus, n’a pas été viré pour avoir critiqué le président américain la veille dans une interview – il était juste à un rendez-vous.

Cet épisode illustre bien la difficulté de sa mission : informer le pays tout en n’hésitant pas à corriger Donald Trump sur les faits, quitte à risquer le courroux présidentiel. Un exercice complexe qui lui a valu des menaces de morts sur Internet de la part de trolls de l’alt-right. Désormais, le bon Dr Fauci, qui a encore, jeudi soir, réclamé un confinement national auquel s’oppose le locataire de la Maison Blanche, est protégé par des U.S. Marshals.

« La situation va empirer avant de s’améliorer »

En février, Donald Trump minimise d’abord la gravité de la pandémie. Il assure que le virus « devrait s’en aller avec la chaleur en avril », puis affirme que c’est « comme la grippe » et répète qu’il « disparaîtra comme par miracle bientôt ». Anthony Fauci, un expert mondialement reconnu des maladies infectieuses, sonne alors l’alerte face au Congrès américain. Non, insiste-t-il, le Covid-19 n’est pas une simple grippe, « le virus est plus contagieux et le taux de mortalité plus élevé. La situation va empirer avant de s’améliorer ». Et, face à la pénurie des tests de dépistage, il critique les « manquements » du CDC (Centre pour le contrôle des maladies).

Donald Trump le recrute alors pour rejoindre la Task Force de la Maison Blanche sur le coronavirus supervisée par le vice-président Mike Pence. Directeur de l’institut national des maladies infectieuses depuis les années 1980, Anthony Fauci, 79 ans, participe depuis, avec Deborah Birx, aux briefings quotidiens menés par le président américain.

Corriger Trump en douceur

Quand le locataire de la Maison Blanche laisse entendre début mars qu’un vaccin serait disponible d’ici « trois à quatre mois », l’expert précise aussitôt : « On n’aura pas un vaccin, on commencera les tests sur un vaccin ». « Comme je vous l’ai dit M. le président, il faudra un an à un an et demi » avant de distribuer un vaccin efficace et sûr. Quand Donald Trump vante les résultats préliminaires « très encourageants » de la chloroquine, Fauci le reprend aussitôt : les études sur le sujet sont encore « anecdotiques ».

« Je marche sur une ligne de crête », a reconnu récemment le Dr. Fauci. « Je dis des choses au président qu’il n’a pas envie d’entendre et j’ai déclaré publiquement des choses différentes de ce qu’il assure ». « Je ne veux pas le mettre dans l’embarras, je veux juste donner les faits », a-t-il ajouté dans un échange avec le New York Times. Et quand Donald Trump reproche à la Chine de ne pas avoir communiqué « trois, quatre mois plus tôt », il explique patiemment que cela renvoyait à septembre, bien avant l’apparition des premiers cas. « Je ne vais pas me jeter sur le micro pour l’écarter », souligne le médecin.

Menaces de mort

Ses vérités sur la pandémie ne sont pas bien accueillies par tout le monde. Des trolls de l’alt-right et des conspirationnistes l’ont accusé sur Twitter d’être un « menteur » et un agent du « Deep State » exagérant la menace du virus pour torpiller les chances de réélection de Donald Trump en novembre.

Selon les médias américains, il a même reçu des menaces de morts. Les US Marshals ont donc affecté certains de leurs agents à la sécurité sa sécurité cette semaine. Celui que beaucoup qualifient de « trésor national » mérite bien ça.

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