VIDEO. Comment protéger les abeilles depuis son jardin ou son balcon?

Une ruche de 40.000 abeilles installée en Ile-de-France (image d’illustration). — MARTIN BUREAU / AFP

  • L’Association nationale des apiculteurs français organise les « Apidays » les 13, 14 et 15 juin, des journées destinées à sensibiliser le public à la cause et au rôle des abeilles.
  • Henri Clément, apiculteur professionnel et porte-parole de l’association, a donné à 20 Minutes des conseils sur les gestes à adopter pour les protéger.
  • Plus de 2.500 espèces d’abeilles en France et en Europe participent à la pollinisation.

Qu’elles vivent en solitaire ou en société dans une ruche, les abeilles sont toujours en grand danger. Dans les campagnes, elles disparaissent depuis plus de vingt ans malgré leur rôle essentiel : en France, 75 % des cultures dépendent de leur activité de pollinisatrices. A l’occasion des Apidays organisées par l’Union nationale des apiculteurs français (UNAF), 20 Minutes a demandé à Henri Clément, apiculteur professionnel et porte-parole de l’association, quels gestes adopter pour protéger ces insectes essentiels à la biodiversité.

Dans son jardin ou sur son balcon, que peut-on faire pour protéger les abeilles ?

Si on a un jardin, il ne faut pas utiliser de produits phytosanitaires. La bouillie bordelaise ou le purin d’ortie ne posent pas de problème. La deuxième chose, c’est de cultiver des plantes pérennes, qu’on n’a pas besoin de replanter chaque année. Par exemple, des plantes mellifères, qui donnent le nectar à partir duquel les abeilles font du miel. On peut citer la lavande, le romarin, le thym ou la bourrache. En revanche, les tulipes, le lilas et certains types de roses n’attirent pas particulièrement les abeilles. Il est aussi conseillé de réserver un coin sauvage dans une partie du jardin, avec des ronces, du lierre et d’autres fleurs spontanées. Je conseille aussi d’acheter du miel local, qui n’a pas été transporté du bout du monde. Il y a d’excellents miels sur le territoire, même si la production a baissé ces dernières années.

Si on a un balcon, c’est un peu plus compliqué : on peut toujours cultiver des plantes aromatiques. On n’y pense pas forcément mais dans certaines villes, comme Paris, on trouve finalement plus de diversité et moins de pesticides que dans les champs de la Beauce. En ville, il y a des parcs, des jardins, des cimetières… Ces îlots de nature rassemblent énormément de ressources pour les abeilles. On y trouve des marronniers, des acacias, des tilleuls, et les ressources en trèfle blanc sont assez abondantes.

Faut-il aussi signaler les nids de frelons asiatiques, leur principal prédateur ?

C’est tout à fait important. Les apiculteurs sont confrontés à ce nouveau problème chaque année à partir du mois d’août, quand la colonie de frelons asiatiques se met en reproduction. Ils se mettent à quelques-uns devant la ruche et attaquent des abeilles avant de les couper en trois : ils laissent tomber l’abdomen et la tête et récupèrent les protéines dans le thorax. Face à ce danger, la colonie est stressée et les abeilles sortent moins pour chercher du pollen et du nectar. Ça provoque un vieillissement accéléré de la ruche et à long terme, la mort de la colonie.

Le changement climatique menace-t-il aussi la vie des abeilles ?

On en ressent les conséquences au quotidien. Dans le sud de la France, on a de plus en plus de périodes de vent, de canicules, de sécheresse. En règle générale, les abeilles n’ont pas besoin d’aide pour trouver à boire, mais avec le changement climatique, ça peut être utile. Un bac à sable qui suinte ou du gravier humide peut faire l’affaire. Une ruche consomme 150.000 litres d’eau par an, ce n’est pas anodin. Avec le réchauffement climatique, la production de miel, traditionnellement située au sud, remonte vers le nord, où les apiculteurs sont de plus en plus avantagés.

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