Verdict au procès Chauvin : La famille de George Floyd et l’Amérique « respirent » un peu mieux

La joie de Philonise Floyd (gauche), de l’avocat Ben Crump et du pasteur Al Sharpton alors que Derek Chauvin a été reconnu coupable du meurtre de George Floyd. — Julio Cortez/AP/SIPA

George Floyd est décédé d’un manque d’oxygène, mais mardi soir, sa famille peut « à nouveau respirer ». Car Derek Chauvin a été reconnu coupable de toutes les charges retenues contre lui, notamment du « meurtre au 2nd degré » de George Floyd, un verdict rarissime contre un policier pris à l’unanimité par le jury après moins de 24 heures de délibérations. Un « tournant dans l’Histoire », un nom devenu « synonyme de justice », un soulagement : les réactions pleuvaient mardi aux Etats-Unis, et à travers le monde, même si de nombreuses voix, comme Joe Biden et Barack Obama, ont souligné que ce n’était « qu’un premier pas » dans la lutte contre les injustices raciales.

Philonise Floyd, qui avait témoigné en larmes et raconté au jury ses souvenirs de son grand frère, a levé la main en signe de victoire, aux côtés de l’avocat de la famille, Ben Crump, et du pasteur Al Sharpton. Pour ce dernier, George Floyd est « devenu un symbole, pour que (les policiers) enlèvent leur genou de notre cou ».

« Coupable ! Une justice obtenue dans la douleur a finalement été accordée à la famille de George Floyd », a réagi Ben Crump. « Ce verdict est un tournant dans l’Histoire. » A Minneapolis des centaines de personnes étaient rassemblées devant le tribunal et ont célébré ce verdict par des cris de joie, en scandant le nom de George Floyd.

Kamala Harris « soulagée »

Kamala Harris, elle, a poussé « un soupir de soulagement ». « Cela n’enlève toutefois pas la douleur », a poursuivi la première vice-présidente noire de l’histoire des Etats-Unis. « Les Américains noirs, particulièrement les hommes noirs, ont été traités à travers ce pays comme s’ils n’étaient pas des hommes. Nous devons encore réformer le système » a-t-elle plaidé, alors que plusieurs élus planchent sur un projet de loi encadrant plus strictement l’usage de la force des policiers.

Dans un discours solennel, Joe Biden a appelé l’Amérique à lutter contre le racisme qui « entache » son âme. « L’heure est venue pour ce pays de se rassembler », a ajouté le président américain. « Le verdict de culpabilité ne fera pas revenir George » mais cette décision peut être le moment d’un « changement significatif ».

Un « premier pas »

« Aujourd’hui, un jury à Minneapolis a fait ce qu’il fallait faire », a écrit Barack Obama, saluant un « premier pas ». « Mais si nous sommes honnêtes, nous savons que la vraie justice va bien plus loin qu’un seul verdict dans un seul procès », a ajouté le premier président noir des Etats-Unis, en appelant à poursuivre « le combat » pour lutter contre le racisme et les violences policières. « On ne peut pas s’arrêter là. »

« La couleur de peau détermine encore bien trop souvent comment quelqu’un est traité dans presque toutes les sphères de la vie américaine », a souligné Bill Clinton. « Si le verdict ne nous ramènera pas George Floyd, il peut nous aider à empêcher d’autres morts insensées et nous rapprocher du jour où nous serons tous traités de la même manière », a ajouté l’ex-président démocrate.

Les réactions ont dépassé les frontières américaines. « Je salue ce verdict », a écrit Boris Johnson. « J’ai été consterné par la mort de George Floyd et je salue ce verdict. Mes pensées ce soir vont à la famille de George Floyd et à ses amis. »

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