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Venezuela : Maduro se dit « bien » en prison, la présidente par intérim négocie avec Washington

Nicolás Maduro et Cilia Flores, accusés de trafic de drogue, ont plaidé non-coupable lors de leur présentation devant la justice américaine lundi. Samedi, le département d’Etat américain a suggéré à ses ressortissants de ne pas voyager au Venezuela en raison d’une situation sécuritaire jugée « instable ».


Une semaine après sa capture par les États-Unis, le président vénézuélien Nicolás Maduro a rassuré ses partisans et a donné des nouvelles de lui-même et de son épouse. « Nous allons bien. Nous sommes des combattants », a déclaré le président déchu depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, selon son fils dans une vidéo publiée samedi par le parti au pouvoir au Venezuela.

Accusés notamment de trafic de drogue, Nicolás Maduro et la première dame Cilia Flores, qui ont plaidé non coupable lors de leur présentation lundi devant la justice américaine, sont incarcérés aux États-Unis avant une audience prévue le 17 mars.

Avec des pancartes proclamant « Nous voulons leur retour », près d’un millier de sympathisants ont défilé samedi dans les rues de Caracas, scandant « Maduro et Cilia sont notre famille ! » Les appels à manifester en soutien au dirigeant socialiste déchu se font entendre quotidiennement depuis l’opération militaire américaine du 3 janvier. La mobilisation était cependant moins importante samedi, aucune figure du parti au pouvoir, le PSUV, n’étant présente pour galvaniser la foule, peut-être par lassitude de ces rassemblements réguliers.

La manifestation coïncidait également avec l’anniversaire de l’investiture de Maduro pour un troisième mandat, suite aux élections de 2024 dénoncées par l’opposition comme frauduleuses. La télévision publique a diffusé une visite de la présidente par intérim Delcy Rodriguez à une foire agricole dans le quartier emblématique de Petare, où une petite manifestation en faveur de Maduro a également eu lieu. « Nous n’allons pas nous reposer une seule minute tant que nous n’aurons pas récupéré le président », a déclaré l’ancienne vice-présidente. « Nous allons le sauver, bien sûr que oui. »

À la suite de la chute inattendue de Maduro, l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez a été désignée présidente par intérim et négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment exploiter les immenses réserves de pétrole du Venezuela. Son gouvernement a « décidé d’entamer un processus exploratoire » en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les États-Unis, rompues depuis 2019.

Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, « l’administration Trump reste en contact étroit avec les autorités intérimaires », a indiqué samedi un responsable du département d’Etat. Donald Trump a affirmé avoir « annulé » une nouvelle attaque américaine contre le Venezuela en raison de la « coopération » de Caracas, et Washington entend « dicter » toutes ses décisions. Caracas a rétorqué que son pays n’est ni « subordonné, ni soumis » à Washington.

Samedi, le département d’Etat américain a appelé tous ses ressortissants à ne pas voyager au Venezuela et ceux déjà sur place à « quitter le pays immédiatement », en raison d’une situation sécuritaire considérée comme « instable ». Il a mentionné la présence de « groupes de milices armées, […] qui installent des barrages routiers et fouillent des véhicules à la recherche de preuves de citoyenneté américaine ou de soutien aux États-Unis ». L’alerte américaine « repose sur des récits inexistants visant à créer une perception de risque qui n’existe pas », a répliqué Caracas dans un communiqué, ajoutant que « le Venezuela jouit d’un calme, d’une paix et d’une stabilité absolus ».